Chênes et Baobabs 

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L'Edito du mois

Juillet 2009 : 

 

Un effet collatéral de la crise mondiale : l'Afrique face à elle-même ?

 

Il n'est pas besoin d'être un fin devin pour imaginer que la crise mondiale financière et économique risque d'avoir des effets collatéraux très importants en Afrique.

Et ceci pour au moins quatre raisons :

1 - Les besoins de financement des pays développés est tel que l'on voit mal comment les bailleurs de fonds pourront maintenir l'aide qu'ils apportent actuellement pour contenir le mécontentement social ;

2 - Les investisseurs du Nord qui misaient sur le développement de certaines activités économiques rentables comme le tourisme sont en train de réviser à la baisse leurs projets ;

3 - Les effets de la crise sur les économies locales risquent d'aggraver le mécontentement social et de faire surgir des mouvements incontrôlés;

4 - L'usure des dirigeants actuellement en place et le moindre intérêt stratégique de l'Afrique pour les grandes puissances aboutissent à une moindre "protection" de dirigeants corrompus.

Au total, on peut prévoir une accélération du désengagement des pays dits riches dans leur "aide"  aux gouvernements africains avec comme conséquence logique une plus grande vulnérabilité des équipes dirigeantes, une plus grande instabilité politique et l'irruption de la violence.

Si au moins cela pouvait aboutir à une émergence des mouvements populaires avec des pouvoirs politiques mieux implantés, on pourrait dire que l'Afrique face à elle-même serait capable de se mettre en ordre de bataille pour aborder le vrai défi d'une résurrection.


Alain Bréant

                                                                          

 

Les anciens éditos - Les anciens éditos - Les anciens éditos - Les anciens éditos

Juin 2009 : 
Une pathologie de la coopération internationale :
le syndrome du toubab captif

 

La coopération internationale se fonde d'abord sur la volonté de mettre fin aux inégalités criantes qui affectent les vécus des êtres humains sur la Terre. C'est un sentiment altruiste beau et respectable, une révolte devant la pauvreté et les souffrances des enfants, des femmes et des hommes qui se trouvent dans des situations de fragilité sociale dont ils ne sont pas responsables.
 
Cette volonté, cet engagement, se vit le plus souvent à travers une ou des relations individuelles qui allient des réalités personnelles affectives à des contraintes économiques.

Les toubabs, qui s'engagent ainsi, s'investissent soit dans un cadre de relations personnelles soit dans un cadre institutionnel (associations, collectivités locales, institutions internationales).

Une des déviances féquemment observées constitue ce que j'appelle "le syndrome du toubab captif"  ; c'est un syndrome dans la mesure où il y a plusieurs symptômes pathologiques ; le toubab captif est un toubab qui a noué une relation particulière très forte avec un interlocuteur du pays pauvre dans lequel s'investit l'engagement de solidarité internationale.

Ce toubab est devenu le "captif" de son interlocuteur dans la mesure où très vite l'essentiel de la communication entre le toubab et son champ d'investigation passe par l'intetmédiation de l'interlocuteur local.

Une vraie relation affective associée à une dépendance logistique et informationnelle aboutit à une modification des capacités de jugement autonome du toubab qui progressivement cale son investissement personnel, technique et financier sur une appréciation exprimée par l'interlocuteur locale !

Cette relation exclusive aboutit à isoler le toubab captif des autres interlocuteurs locaux ; ceci est facilité par le fait que les interlocuteurs locaux acceptent le "captage" du toubab par un des leurs et qu'une fois l'opération en cours de réalisation, une sorte de "droit d'exclusivité" s'exerce tout naturellement !

Une autre conséquence du phénomène réside dans l'émergence de relations conflictuelles entre "toubabs captifs" : chaque toubab captif perçoit progressivement les autres toubabs négativement ; chacun se reprochant une méconnaissance des situations locales réelles, un intérêt personnel voire une perversité !

L'évolution de ce syndrome comprend plusieurs phases :
- une phase de découverte
- une phase d'euphorie
- une phase de souffrance
- une phase dépressive
- une phase de ressentiment et d'agressivité !

Cette évolution n'est bien sûr pas inéluctable et il est possible de guérir de ce pathologique syndrome du toubab captif !

Pour faciliter cette guérison, je me permettrais ces quelques conseils :

- l'aide qui entre dans le cadre de la coopération internationale ne devrait pas être personnalisée ; il est important de multiplier les contacts et pour cela il est vital d'acquérir l'usage des langues locales. Un coopérant institutionnel ou bénévole qui ne parle pas la langue locale devrait être immédiatement révoqué et en corollaire pour s'investir réellement dans l'aide aux pays pauvres il faut accepter avant toute chose d'apprendre la langue locale (en Afrique, le français n'est pas une langue locale, c'est la langue des toubabs) !

- Quand on prend conscience du phénomène, il faut en parler avec ses proches et surtout ne pas se culpabiliser : on peut en guérir !

Nos amis africains connaissent très bien les capteurs de toubabs (il existe même un langage spécifique pour décrire l'opération) ! Il faut dire que ce sont des redoutables vautours que l'on rencontre dans différents milieux avec une prédilection pour les milieux politiciens ! Certains capteurs de toubabs ont un tableau de chasse remarquable !

Alain Bréant

PS :
A ma connaissance, il n'existe pas encore de consultation spécialisée pour prendre en charge le syndrome du toubab captif !

Mai 2009 : 

 

Les enfants des rues : une situation sociale difficile !

 

Le reportage télévisé diffusé dans l'émission Thalassa qui montrait la maltraitance des enfants des rues de Mbour a ému les nombreux téléspectateurs.

Peut-être a-t-il manqué à cette enquête une information plus complète sur la spécificité de l'enseignement coranique dans les pays islamiques en général et au Sénégal en particulier.
 
D'une situation particulière il ne faudrait pas faire une généralité. De nombreuses daaras ont fait l'effort de s'adapter à l'évolution contemporaine.

La pauvreté et la recherche de profits expliquent que certains marabouts sans états d'âme exploitent les enfants pour leurs intérêts personnels.

Aujourd'hui, tout en dénonçant ces pratiques, il faut aussi comprendre que l'enseignement coranique peut garder sa place dans l'éducation dans le respect de la tradition.


Alain Bréant

Pour info, lire cette étude de Jean-Émile CHARLIER

Avril 2009 : 

 

Les élections locales au Sénégal expriment une certaine défiance 

 

Malgré les nombreuses difficultés qui ont émaillées les dernières élections rurales, communales et régionales du scrutin du 22 mars, la leçon politique des résultats s'affirme comme une défiance vis à vis des représentants de la coalition SOPI qui soutient la politique du Président Wade.

Ce fut aussi l'occasion d'un certain renouvellement du personnel politique qui préside aux destinées des collectivités locales sénégalaises.

Ces résultats devraient interférer sur la politique nationale et on s'attend à un changement ministériel.
 
Au total, c'est un certain succès pour la démocratie sénégalaise qui  démontre que toutes les tentatives de détournement de la vox populi ne peuvent pas empêcher l'expression du mécontentement.


Alain Bréant

Mars 2009 : 

 

L'enjeu de la démocratie locale

 

Ce mois de Mars au Sénégal va permettre aux citoyens sénégalais d'exercer leur droit et leur devoir de s'exprimer en choisissant leurs élus ruraux, municipaux et régionaux.

Tous les amis du Sénégal souhaitent que cette pratique de la démocratie locale se déroule dans la sérénité et dans la clarté.

Les informations qui nous parviennent ne montrent pas de grands changements par rapport aux précédents scrutins : au-delà du choc frontal entre la coalition SOPI 2009 et la coalition Benno Siggil Sénégal, il ya un nombre important de listes qui témoignent des velléités de destin personnel de sorte que dans de nombreuses communes le choix risque de reposer sur des arguments communautaires. Par ailleurs, il semble que les conditions administratives d'un scrutin sans fautes sont loin d'être réunies.

De sorte qu'aujourd'hui de nombreux observateurs se posent la seule question qui vaille : quelle sera l'importance de la fraude ?

Dans ses conditions, il peut être tentant pour de nombreux citoyens de négliger leur devoir électoral pour privilégier leurs activités familiales ou professionnelles. Il est vraiment dommage que l'intérêt politicien prévaille sur l'intérêt d'une démocratie vivante et transparente.


Alain Bréant

Février 2009 : 

 

Mamadou Dia ou l'occasion manquée

 

La vie politique sénégalaise restera marquée par ce grand homme politique que fut Mamadou Dia ; son décès à l'âge de 98 ans, le 25 janvier dernier, ne peut laisser indifférent tous ceux qui s'intéressent au Sénégal et à son histoire.

Il est peut-être trop tôt pour examiner en toute objectivité ce qui est apparu comme le coup de force (1962) de Léopold Sedar Senghor à l'encontre de ce premier ministre qui osait le contester en défendant une autre conception du destin du Sénégal par « une mutation totale qui substitue à la société coloniale et à l'économie de traite une société libre et une économie de développement ».

Toujours est-il que Mamadou Dia, malgré cet arrêt brutal de sa vie de responsable politique, a marqué l'histoire politique du Sénégal et il sera pour toujours une référence pour tous  les Africains soucieux de trouver une voie autonome vers le développement !

Reconnu unanimement comme un Homme de conviction, un Homme de rigueur et de courage, un adversaire déterminé du colonialisme français, il représente aussi la face obscure de Léopold Sedar Senghor, la moins "belle" et la plus regrettable.

Que la terre lui soit légère !


Alain Bréant

Janvier 2009 : 

 

Quel avenir pour l'Afrique ?

 

En ce début de la nouvelle année, pour un sujet qui nous tient à coeur, cette question que l'on se pose inlassablement revient sur le devant de la scène avec le coup d'état guinéen.

Nombreux sont ceux qui pensent que le processus démocratique n'est pas actuellement capable d'offrir une alternative à la situation bloquée que vivent de nombreuses nations africaines. Le néo-colonialisme des puissances occidentales et la manipulation du processus électoral par la pratique généralisée de la corruption ont réussi à dénaturer les valeurs de la démocratie. Les partis politiques sont incapables de marier la défense de leurs idées avec la rigueur d'une morale qui se refuse aux compromissions vénales.

Que reste-t-il comme solutions pour redonner un sens à la vitalité des peuples africains et à leur volonté de rendre productive leur force de travail ?

L'armée, en tant qu'institution, en tant qu'ordre social, est-elle la solution ?  L'exemple du Burkina-Fasso de Sankara, et aujourd'hui de la Guinée avec le capitaine Camara, montre que certains ne voient plus que cette solution pour redonner l'ordre indispensable à l'émergence de la prospérité économique.

2009 apportera-t-elle une réponse ? Les esprits protecteurs de l'Afrique sauront-ils se faire entendre ? Inch Allah, tout est possible !


Alain Bréant

Décembre 2008 : 

 

Bêtise ou Perversité

 

Michel Tabutin, Vice-Président communiste du Conseil Général de l'Allier a refusé de soutenir une proposition de subvention à Chênes et Baobabs pour financer une 2ème classe de soutien scolaire destinée à 25 enfants déscolarisés de Nguekokh sous prétexte que le dossier ne comprenait pas un document attestant l'accord du conseil municipal de Nguekokh.

Cette décision a été prise à la dernière minute au mépris des engagements du Président du Conseil Général auprès du Président de Chênes et Baobabs. Nous avons ainsi appris que la parole de Jean-Paul Dufrègne n'engageait que le naïf qui l'écoute !

Comment interpréter cette décision inique ?  Michel Tabutin, enseignant de profession, n'est pas un imbécile ! Il sait tout ce que Chênes et Baobabs a pu faire pour apporter de multiples soutiens aux populations de Nguekokh. Il sait que Chênes et Baobabs est à l'origine de la création d'un comité de jumelage de trois communes de l'Allier avec la commune de Nguekokh. Il sait que Chênes et Baobabs a toujours refusé des pratiques de corruption.

La conséquence de cet abus de pouvoir manifeste, c'est que 25 enfants déscolarisés qui auraient pu bénéficier d'un soutien scolaire sont restés chez eux, ou dans la rue !  Mais ça Michel Tabutin n'en a rien à cirer !

A l'heure où la corruption continue à faire des ravages au Sénégal, Michel Tabutin s'en tient à son dogme : bêtise ou perversité ?  Je dirais plutôt : Tristesse et Désespérance !

Alain Bréant

Novembre 2008 : 

 

'You know, my African brothers and sisters are just going to have to do a better on corruption, on democracy, on reducing violence, etc. on these policy areas.'

 

A 2 jours de l'élection présidentielle aux USA, il est faible de dire combien la victoire de Barack  Obama est attendue par l'opinion africaine en général et sénégalaise en particulier.

Cette victoire attendue serait un symbole fort pour ces femmes et ces hommes qui vivent l'Occident des Blancs comme une des principales causes de leurs difficultés journalières.

Et pourtant, les experts s'accordent pour dire qu'en ce qui concerne la politique africaine, il y a un accord de fond entre les deux candidats. Ce qui différencie nettement la position de Barack Obama serait sa plus grande liberté de ton à l'égard des dirigeants africains et on lui attribue cette phrase :

'You know, my African brothers and sisters are just going to have to do a better on corruption, on democracy, on reducing violence, etc. on these policy areas.'
 
Ce qui veut dire que c'est d'abord grâce à une meilleure gouvernance que la situation sociale des Africains pourrait s'améliorer durablement.

Il n'empêche que l'élection du candidat démocrate donnerait  un formidable espoir à toute une génération de jeunes cadres qui pourraient ainsi se rendre compte que TOUT EST POSSIBLE et que "Yes we can !"

                                                                              Alain Bréant

Octobre 2008 : 

 

Quand l'économie virtuelle déstabilise l'économie réelle 

 

La crise de la finance mondiale est intéressante à plus d'un titre car elle permet de voir sur quels fondamentaux nous fonctionnons aujourd'hui :

- Nos gouvernemants, par leurs comportements paniqués montrent qu'ils ne contrôlent rien ; ils se préoccupent plus du cours des actions et du moral des rentiers que de la misère du Monde,

- Dans notre société hyperstructurée, le seul lien social qui perdure est un sentiment complètement irrationnel qui s'appelle la confiance !

- Les vrais gouvernants ne sont pas ceux que l'on voit !

Ainsi va le Monde !

                                                                              Alain Bréant

Septembre 2008 : 

 

Une autre approche du problème de la déscolarisation des enfants

 

Malgré les efforts de l'Etat en matière de scolarisation, l'analphabétisme et l'absence de formation reste un des problèmes les plus importants pour la société sénégalaise.

Soucieux de contribuer à apporter des solutions pragmatiques, l'ONG Chênes et Baobabs a décidé de mettre en oeuvre une solution originale en partenariat avec l'association sénégalaise pour le développement de l'éducation et de la formation présidée par Mr Khady Thiam.

Il s'agit de proposer à des enfants déscolarisés ou non scolarisés de 12 à 16 ans, une formation sur deux ans qui comprendraient les éléments suivants :
- une formation de base en Français (lecture, écriture, calcul) ;
- une formation dans une langue maternelle (wolof ou pulaar) ;
- une initiation pré-professionnelle en couture, batik ou cuisine ;
- une initiation à l'informatique ;
- un encouragement à la lecture en bibliothèque.

L'enseignement sera délivré sur une journée complète du lundi au vendredi avec délivrance d'un repas à la pause de midi. 

Dans un premier temps grâce à l'appui de nos bailleurs (en particulier le Conseil Général de l'Allier), 50 enfants sur deux classes de 25 seront concernés. Une évaluation sera réalisée pour juger de la pertinence de cette formation qui a comme objectif de donner à ces jeunes les outils d'une meilleure insertion dans la société des adultes.

 Si vous souhaitez soutenir ce projet, contactez-nous  :
- au Sénégal , Chênes et Baobabs, Joseph-Alexandre Mané Tél 76.683.48.75
- en France, Chênes et Baobabs, Alan Bréant , Tél 06.82.14.85.95

                                                                              Alain Bréant

Août 2008 : 

 

La coopération décentralisée : perspectives et limites

 

Le désengagement partiel de l'Etat dans l'aide au développement des pays pauvres et l'émergence de la décentralisation et de la régionalisation expliquent que les collectivités locales se soient investies dans la coopération internationale et dans des actions de solidarité.

Cette coopération décentralisée a comme ambition de s'inscrire dans des relations bilatérales au plus près des préoccupations des citoyens dans le but d'améliorer les conditions de vie quotidienne mais aussi dans l'optique d'une éducation à la citoyenneté et d'échanges paritaires.

Avec le recul de l'expérience accumulée depuis plus de vingt ans de coopération décentralisée, il est possible de voir aujourd'hui les difficultés réelles qu'elle traverse :
- les collectivités locales ont du mal à avoir une vraie expérience du terrain ;
- les échanges sont le plus souvent à sens unique : les collectivités locales du Nord sont considérées comme des bailleurs de fonds par les collectivités locales du Sud ;
- la coopération décentralisée apparaît comme un domaine réservé à quelques uns (aussi bien au Nord qu'au Sud) et l'éducation citoyenne une chimère délaissée ;
- la coopération décentralisée en favorisant le pouvoir local d'élus corrompus n'a pas réussi à développer la bonne gouvernance ;
- la complexité des procédures visant au financement de projets d'aide au développement aboutit à l'émergence d'une technocratie du Nord qui entretient le risque d'une dérive néocolonialiste.

Ces difficultés réelles ne doivent pas remettre en cause le principe même de cette coopération directe entre les collectivités locales pour un vrai partenariat de solidarité internationale ; cela est tout à fait possible si plusieurs conditions sont respectées :
- privilégier la formation d'acteurs locaux sur place qui peuvent être soit des élus soit des agents des collectivités locales ou des acteurs associatifs
- développer au Nord comme au Sud l'éducation citoyenne à la solidarité internationale pour asseoir cette coopération sur un vrai mouvement populaire
- laissez les décideurs du Sud comptables de l'utilisation des fonds alloués mais exiger le respect des principes de bonne gouvernance locale
- développer le rééquilibrage des échanges en veillant à la réalité du flux Sud-Nord ,
- associer la coopération décentralisée aux  actions de développement réalisées par les associations et les ONG.
- lutter contre le néocolonialisme latent des acteurs du Nord.

                                                                              Alain Bréant

Juillet 2008 : 

 

Que sont-ils devenus ?

 

Une association humanitaire, comme tout association, ne peut fonctionner et entreprendre que grâce au dévouement de ses membres. C'est grâce à ces nombreux bénévoles que Chênes et Baobabs  a pu réaliser des actions humanitaires et faire fonctionner le centre de formation que notre association gère à Nguekokh au Sénégal.

L'engagement associatif est toujours une épreuve et un sacrifice dans la mesure où ce qui est réalisé l'est pour d'autres êtres humains qui ont leurs propres problèmes à gérer.
Il faut donc du courage, du dévouement et de la persévérance.

Il n'est donc pas étonnant que malgré les bonnes intentions manifestées au début, nombreux sont celles et ceux qui, après un ou deux ans de participation, s'épuisent et renoncent.

Mais cette action associative humanitaire de solidarité internationale agit parfois comme un révélateur de la vraie nature humaine : certains bénévoles qui prétendaient agir par désintéressement sont en fait à la recherche d'intérêts personnels et quand ils s'aperçoivent qu'il n'y a rien à gagner pour eux-mêmes, ils n'hésitent pas à utiliser le moindre prétexte pour se "défiler" de façon peu glorieuse.

C'est ainsi que Chênes et Baobabs a vu "passer" plusieurs centaines de volontaires qui, pour des durées de quelques semaines à quelques mois, ont été motivés pour cet engagement. Quelle que soit les raisons avouées ou inavouées de leurs renoncements, il est nécessaire de les remercier d'avoir accompli leurs actes de solidarité.

Demain, d'autres nous rejoindont , aussi purs et honnêtes que des enfants bien élevés ; parmi eux certains nous décevront en montrant les limites de leur engagement mais au moins auront-ils vus que la solidarité n'est pas un vain mot et malgré toutes les difficultés qu'il faut gérer , nous existons toujours !

                                                                              Alain Bréant

Juin 2008 : 

 

Dure, Dure !a soudure 

 

Juin au Sénégal pour une grande partie du pays c'est la pleine période de la soudure !

La sécheresse est très importante et tout le monde attend l'apparition des premières pluies ! Il faut tenir !

L'herbe se fait rare ; les animaux peinent ; la production de lait devient insignifiante ; la transhumance s'accompagne de relations conflictuelles avec les populations rencontrées et les éleveurs sont épuisés ! Il faut tenir !

Et en plus cette année, les prix des denrées de base augmentent ! L'augmentation du prix de vente du baril de pétrole sur les places mondiales se répercute aussi ici et les manifestations contre la vie chère ne seront jamais entendues ! Il faut tenir ! 

Et pendant ce temps là en Europe les consommateurs de gazole se tourne vers l'Etat providence en lui enjoignant de compenser le manque à gagner !

                                                                              Alain Bréant

Mai 2008 : 

 

A ne jamais oublier  !

 

Il y a 65 ans, la France coloniale représentée à Dakar par le gouverneur Pierre Boisson, (successivement vichyste et gaulliste depuis 1942), réprime durement le mouvement populaire sénégalais mené par Aline Sitoè Diata ; la jeune "Reine-prêtresse" est arrêtée le 8 mai 1943 et déportée à  Tombouctou où il semble qu'elle soit morte.

Que retenir aujourd'hui de cette figure d'un peuple libre, rebelle, capable de se faire entendre malgré le joug colonial ?

Le gouvernement sénégalais a décidé de perpétuer son souvenir en donnant son nom au navire de passagers qui fait la liaison Dakar-Ziguinchor en remplacement du Joola : bévue administrative ou volonté de banaliser une grande figure emblématique ?

Il serait dommage qu'Aline Sitoè Diata soit récupérée par une ethnie pour justifier des vélléités d'indépendance ! Aline Sitoè Diata appartient comme Léopold Sedar Senghor ou comme Cheikkh Ahmadou BAMBA et beaucoup d'autres à ce "panthéon" sénégalais qui prouve s'il en était besoin que ce peuple existe, a une vraie spécificité, une vraie inspiration et une vraie force.

Gloire à Aline Sitoè Diata, qu'elle nous protège, qu'elle nous inspire !

Vive le Sénégal !

                                                                               Jacqueline Bodiang 

Avril 2008 : 

 

Le Sénégal a besoin de consensus !

 

Aujourd'hui, le Sénégal, c'est :
- près de 12 500 000 habitants (2 750 000 hab. en 1950) dont 49,6% dans les agglomérations urbaines (plus de 1 000 000 d'hab. à Dakar), de 19 ans d'âge moyen et avec près de 57 ans d'espérance de vie à la naissance. Seulement 32% ont accès à l'électricité.
- 20 % de la population est sous alimentée.
- le taux de mortalité infantile s'élève à  près de 60°/oo (en comparaison il est de moins de 4°/oo en France )
- le PIB/hab. s'élève à 1 700 $ ( France = près de 30 000 $)
- on ne compte que près de 0,1 médecin pour 1000 hab.
- l'indice de développement humain est de 0,460 (France = 0,950)

Ces chiffres révèlent le sous-développement endémique avec son lot de désespérances et de souffrances.

Tous les amoureux du Sénégal se posent la question de ce qu'il faudrait faire pour permettre un vrai décollage économique.

Faut-il des milliards d'Euros d'investissements ?  Faut-il une révolution mondiale pour contraindre les pays riches à une meilleure répartition des richesses ?  Faut-il une vraie bonne gouvernance ?

A mon avis, et sans préjuger de l'intérêt de mesures économiques, la condition indispensable préalable à une amélioration sensible du niveau de vie est de l'ordre de la sociologie.

Il faut que les Sénégalais arrêtent de s'auto-détruire, arrêtent de se suspecter les uns les autres, arrêtent de se craindre ! 

C'est par le retour au consensus, à l'entente, à l'amélioration du lien social qu'une société peut espérer dans son avenir. Les spécificités sociales et politiques, les croyances, les confréries, les ethnies, les différences culturelles ne doivent pas être érigées en bastions d'intérêts. Les Sénégalais ne devraient  pas sacrifier leur unité et leur solidarité sur l'autel d'intérêts individuels à court terme !  Il y va de l'intérêt public et collectif !

Il faut que l'élite intellectuelle reprenne un discours d'espérance ! Le Sénégal a suffisamment de matière grise pour ne pas avoir besoin des toubabs hyperdiplômés mais incapables de comprendre ce peuple si fort, si courageux et si travailleur quand il reprend l'espoir d'un avenir meilleur !

                                                                               Alioune Mbaye 

Mars 2008 : 

 

La difficulté du tourisme solidaire
Les "pauvres" toubabs confrontés à la réalité africaine

 

Il est difficile pour les Français qui séjournent au Sénégal  d'échapper aux pièges de la réalité quotidienne ; en recevant au centre de formation Chênes et Baobabs depuis plus de 5 ans des jeunes et des moins jeunes Français désireux de faire du tourisme solidaire, nous sommes bien placés pour constater combien, pour un certain nombre d'entre eux, les schémas classiques  d'un certain "néocolonialisme" avec ses clichés perdurent :  la nonchalance, la recherche de petits profits, l'absence de motivation, etc.

Ces critiques n'empêchent généralement pas ces censeurs "bien-pensants" de se laisser aller à certaines dérives comportementales quand cela les arrange !

Bien sûr on peut leur reconnaître des circonstances "atténuantes" : une certaine jeunesse dorée, une méconnaissance des difficultés de la réalité quotidienne  pour la majorité des Sénégalais, des personnalités "fragiles", etc.

Heureusement nous savons par l'expérience acquise que ces comportements ne sont pas généralisés et que des relations plus responsables, plus respectueuses et ouvertes existent aussi.

Pour "gérer" cette difficulté , il serait important que les acteurs locaux en charge de l'accueil des touristes solidaires soient bien formés afin de pouvoir accompagner ces sujets dans leur appréhension de la réalité africaine. Cette formation des acteurs locaux nécessite des moyens et il serait normal que cette action de formation rentre dans le cadre officiel afin de pouvoir réunir les conditions du  développement de cette activité de tourisme solidaire qui reste une merveilleuse possibilité de connaissance et de partage.

                                                                               Alain Bréant

Février 2008 : 

 

La conquête du pouvoir en Afrique et la déchirure des peuples

 

Les émeutes au Kénya, les attentats en Mauritanie,  la guerre civile au Tchad et au Soudan sont à l'affiche des médias ! On évoque les manipulations des pouvoirs en place, les ambitions personnelles, les influences internationales des groupes de pression et la violence inter-ethnique ; tout cela pour causer des milliers de morts et pour déstabiliser un peu plus les fragiles organisations économiques et administratives existantes.

Quelle interprétation peut-on faire de cette violence endémique ? A-t-elle un sens ? Pour faire quoi ?

On ne peut s'empêcher de penser que tout cela n'est possible qu'avec le soutien financier de donneurs d'ordre qui se cachent derrière un anonymat  factice. Chacun avance ses pions en utilisant les marionnettes humaines pour conforter le pouvoir de telle ou telle grande puissance ou de tel ou tel groupe de pression.

Tout se passe comme si une redistribution des cartes était en train de s'opérer  et que le désengagement des puissances coloniales européennes laissait le champ libre à d'autres intérêts.

La diversité ethnique est un prétexte facile qui permet d'éluder les vraies questions et qui renvoie à une image de chaos, image dévalorisante pour l'espoir d'un développement de la Paix en Afrique.

Que faire dans ce contexte si particulier ? Que disent les Africains et en particulier  les  intellectuels ? L'Europe peut-elle soutenir une culture de Paix authentiquement africaine ? Le Panafricanisme peut-il être fédérateur ? L'attrait pour la puissance libyenne risque-t-elle d'apparaître comme le seul recours des rebelles au pouvoir des despotes ? La déchirure des Propagateurs de l'Islam est-elle destinée à favoriser  les guerres civiles ?

                                                                               Alain Bréant

Janvier 2008 : 

 

Meilleurs voeux pour l'Afrique

 

Que 2008 nous permette d'entrevoir, dans les peuples d'Afrique, cet élan , cette étincelle, ce feu d'artifice de l'envie de croire que c'est possible de créer un mouvement  populaire générateur de transformations !

Que 2008 favorise l'émergence de leaders d'opinion africains, authentiques, charismatiques et généreux qui favoriseront le consensus populaire et l'agrégation des énergies individuelles.

Que 2008 soit l'année du mouvement des peuples africains vers la confiance dans leurs potentialités à résoudre eux-mêmes leurs désirs de mieux vivre !

Inch Allah ! 

                                                                               Alain Bréant

Décembre 2007 : 

 

Le difficile engagement humanitaire

 

Décembre est le mois de la réflexion et de l'inspiration.

Nous sommes invités à tourner nos regards vers le divin et à confronter nos existences et nos intentions aux exigences de la morale et de la foi !

C'est un exercice difficile et il nous faut beaucoup d'humilité pour accepter de reconnaître que le chemin est long, difficile et périlleux !

D'aucuns se perdent et succombent aux tentations du Mal ! 

A tous les lecteurs de cette rubrique, je souhaite d'être en Paix et je leur souhaite une bonne fête de la Tabasky dans le pardon et l'espérance !

                                                                               Alioune Sow

Novembre 2007 : 

 

La France en accusation 

 

L'affaire de l'Arche de Zoë intervient dans un contexte particulier qui cumule des actions pour le moins ambiguës ; de la Côte d'Ivoire au Tchad en passant par Djibouti et le Togo, nombreux sont les "faux pas" qui aboutissent à accuser la France d'interventionnisme en Afrique.

Les raisons humanitaires, qui sont bien souvent mises en avant,  apparaissent comme des prétextes qui cachent des intérêts politiques et économiques.

Il serait dommage que la "coopération française" souffre de cette situation et qu'aujourd'hui en Afrique les Français qui oeuvrent sincèrement pour le développement local soient assimilés à d'affreux agents de l'Etat français qui profitent de la pauvreté et de la détresse des populations pour des intérêts mercantiles.

Rama Yade aurait là l'occasion de "reprendre la main" face une diplomatie du double langage afin de ne pas voir associer les manoeuvres politiciennes d'un Etat pas très clair sur les objectifs recherchés aux interventions réellement humanitaires des ONG et des associations de solidarité internationale.

                                                                                 Dr  A. Bréant

Octobre 2007 : 

 

La difficile relation entre les associations de solidarité internationale et les collectivités locales

 

Dans les interventions de solidarité internationale on trouve souvent deux grandes catégories d'intervenants au Nord :
- les associations de solidarité internationale
- et les collectivités locales (communes, conseils généraux, conseils régionaux).

Les associations de solidarité internationale sont amenées à déposer des demandes de cofinancement auprès des colletivités locales qui souhaitent s'investir dans l'aide au développement et la coopération internationale.

Certaines collectivités, par le biais de comités de jumelage, choisissent aussi d'intervenir directement auprès de partenaires locaux (collectivités locales et ou associations).

Les collectivités locales avec la dichotomie de leur fonctionnement entre des élus, théoriquement décisionnaires mais souvent indisponibles, et des agents territoriaux, bien souvent cloîtrés dans leurs bureaux  et en position de décider de l'application des délibérations, semblent écartelées entre un désir politique de participer à la coopération internationale et un mode de fonctionnement technocratique aveugle aux spécificités de ce domaine d'intervention.

S'il est normal que des procédures d'évaluation soient mises en place pour vérifier la bonne utilisation des fonds publics, il existe parfois une incompréhension entre :
- des acteurs de terrain confrontés à des contraintes locales et essayant d'inscrire leurs actions dans le moyen et long terme
- et des fonctionnaires raisonnant sur des constructions théoriques avec des échéances à court terme.

Pour harmoniser les démarches et optimiser l'utilisation des dotations, il serait important :
- d'une part que les structures de réflexion et de mise en réseau jouent leurs rôles,
- et d'autre part que les collectivités locales fassent l'effort de connaître les partenaires locaux afin de développer le partenariat et l'échange d'informations.

                                                                                 Dr  A. Bréant

Septembre 2007 : 

 

Le sous-développement ou les blocages au développement

 

Plus je réfléchis à la problématique du sous-développement de l'Afrique en général et du Sénégal en particulier, plus j'ai la conviction que le sous-développement est un concept erronné !

Le sous-développement supposerait que la production de richesses est limitée par des éléments économiques objectifs et qu'aucun obstacle majeur interdise à la population active de développer sa force de travail.

Or l'analyse du fonctionnement de la société sénégalaise révèle que les conditions préalables indispensables à l'activité économique ne sont pas vraiment réunies.

A mon humble avis, il serait plus juste de parler de blocages au développement économique ; les principaux sont facilement identifiables :

- les atteintes à la liberté économique de circulation des personnes et des marchandises (comment expliquer le délai pour acheminer des marchandises de Dakar à Ziguinchor ?  ou pour faire parvenir une lettre de Thiès à Kaolack ?)
- la méfiance dans la pertinence de l'investissement local  (comment comprendre que les investisseurs sénégalais préferrent investir en Europe plutôt que dans leur propre pays ?)
- l'absence d'incitation bancaire (le coût des opérations bancaires est-il digne et conforme aux droits de l'Homme à emprunter pour travailler ?)
- le coût de l'énergie (qui peut admettre qu'un litre de carburant au Sénégal soit quasi équivalent  à celui payé par les Français )
- la corruption généralisée (comment admettre que des élus connus pour leur activité anti-sociale ne soient pas inquiétés par une justice "complice" ?)
- l'handicap linguistique avec l'absence d'appropriation du français en tant qu'outil économique (qui parle Français ? qui sait écrire une lettre commerciale en Français ? pourquoi le wolof qui est la véritable langue nationale ne pourrait-elle pas avoir une existence commerciale sous une forme écrite ?)

Il y aurait sûrement d'autres blocages à évoquer mais si des mesures efficaces étaient prises pour résoudre les six éléments cités plus haut, tout serait plus facile pour valoriser le travail des actifs ! Il n'est pas sûr que le traitement de ces blocages soit si difficile que cela, aussi bien du point de vue financier que du point de vue politique car le peuple sénégalais a soif de pouvoir bénéficier d'une lisibilité, d'une espérance et d'une confiance !

Tant que ces blocages perdurent, l'aide internationale n'a comme seul intérêt que de "protéger les avantages acquis" par une classe dirigeante qui ne souhaite peut-être pas vraiment de changements profonds et d'un vrai décollage économique !

A l'heure où la mise en oeuvre des projets bute sur la difficile maîtrise d'oeuvre sociale, il serait temps que les bailleurs de fonds ne se trompent pas de maux !

                                                                                 Dr  A. Bréant

Août 2007 : 

 

L'Afrique pourrait venir en aide au Nord

 

Dans le cadre des relations Nord-Sud, on ne parle souvent que de l'aide que le Nord doit apporter au Sud !  Or, il existe un domaine où le Sud pourrait apporter une aide importante à un problème que le Nord ne sait pas gérer : il s'agit de la difficile prise en charge du sort des personnes âgées dépendantes !
 
Dans la société occidentale, le sort des personnes âgées dépendantes n'est pas très enviable !  Abandonnées par des familles qui ne savent pas ou qui ne peuvent plus s'en occuper,  elles sont obligées d'être placées dans les maisons de "retraite" où elles finissent leurs vies dans des conditions inhumaines :  polymédicamentées pour ne plus devenir gênantes, confuses ou démentes, nos personnes âgées attendent la fin de vie comme une délivrance !

Nos structures "sociales" sont inadaptées et chacun jette un voile pudique sur le "traitement" réservé à nos vieux !

Et pourtant, au Sud, dans des conditions de vie beaucoup plus difficiles, les Anciens sont respectés, honorés et bénéficient de conditions de fin de vie beaucoup plus honorables.

Le temps n'est-il pas venu pour nos dirigeants de réfléchir autrement et de solliciter l'aide des pays du Sud en général et de l'Afrique en particulier pour envisager une autre prise en charge de ce problème !

A son modeste niveau, Chênes et Baobabs est désireux d'apporter sa contribution à cette situation qui mériterait d'autres solutions !

                                                                                 Dr  A. Bréant

Juillet 2007 : 

 

Un nouveau Premier Ministre pour le Sénégal

 

En nommant Mr Cheikh Hadjibou Soumaré au poste de Premier Ministre, il semble que le Président Wade ait souhaité dépasionné le débat politique sénégalais et accentuer l'objectif de "bonne gouvernance" !

Reconnu par les différentes familles politiques comme un homme de valeur et comme un bon connaisseur des finances publiques, Mr Cheikh Hadjibou Soumaré accède au poste de Premier Ministre dans une conjoncture internationale favorable au débat de fond relatif au fossé qui sépare le développement des Pays Moyennement Avancés  de celui des pays émergents.

La société sénégalaise a besoin d'être unie et solidaire face aux grands enjeux des relations internationales et en particulier de la Paix dans le Monde.

Les Sénégalais ont besoin d'avoir confiance dans leurs dirigeants pour favoriser l'investissement et l'innovation conditions indispensables à une modernisation des structures !

Nous souhaitons beaucoup de réussite à Mr Cheikh Hadjibou Soumaré et à son équipe gouvernementale dans leur action quotidienne !

Vive le Sénégal !

                                                                                   A. Bréant

Juin 2007 : 

 

Pour celles et ceux qui vont découvrir le Sénégal

 

Les vacances scolaires approchent ; de nombreux jeunes vont être disponibles pour des voyages ; certains vont peut-être profiter de l'occasion pour faire des voyages utiles en participant à des actions d'aide au développement au Sénégal. Ce serait une opportunité à ne pas manquer et je voudrais leur adresser quelques recommandations.

De nombreux étrangers partent avec l'idée de faire du "bien" mais oublie ces quelques principes ; ils reviennent souvent avec des globalisations négatives para-racistes et retournent dans leur indifférence en étant persuadés d'avoir tout compris et d'avoir la conscience tranquille !

Tout d'abord, sachez que vous serez un étranger dans un pays indépendant et qui possède une identité culturelle forte  ; l'usage du français ne suppose pas une similitude des usages. Votre qualité d'étranger ne vous autorise pas à imposer vos propres habitudes comme par exemple celle de consommer des boissons alcoolisées dans un environnement où on n'en consomme pas habituellement. Etre étranger suppose de respecter les us et coutumes des hôtes. Il faut donc vous renseigner, regarder ce qui se fait, poser des questions éventuellement. En un mot, la prudence s'impose !

Etranger, issu d'un pays riche, interdisez-vous de juger , de conseiller ou de croire que vous avez une connaissance qui vous autorise à indiquer ce qu'il faudrait faire ! La pauvreté économique du Sénégal est la résultante d'une multitude de causes qui s'enchevêtrent et qui aboutissent à une situation de pénurie très pénalisante pour la vie quotidienne des populations. Il faut, pour les Sénégalais, beaucoup d'effort et de courage pour surmonter cette situation ; cela doit nous inciter avec humilité à leur témoigner du respect et une certaine admiration ; ce serait faire preuve d'une grande naïveté et d'une grande méconnaissance de la réalité que de faire croire que vous pouvez être détenteur de solutions simples.

Le Sénégal est un pays riche de traditions et de valeurs morales ; à vous de les découvrir dans les relations interpersonnelles avec les personnes que vous serez amené à rencontrer. Cela suppose que vous sachiez les retrouver car elles n'iront pas spontanément vers vous si vous ne leur étiez pas présenté. Pour cela, il faudra savoir sortir des lieux de "perversion" ; il s'agit de ces quartiers apparemment occidentalisés où prospèrent les "pièges à touristes" et le règne de l'argent corrupteur. C'est ailleurs que vous trouverez l'authenticité, la simplicité et l'humanité ; il y aura souvent le barrage de la langue qui suppose la présence d'un interprète. Même si le français est la langue officielle du Sénégal, ce n'est pas, pour la grande majorité de la population, une langue maternelle et je vous conseille de faire l'effort d'apprendre quelques expressions en wolof, la langue nationale la plus répandue.

En vous souhaitant un très bon voyage et un bon séjour au pays de la Téranga !

                                                                                   A. Bréant

Mai 2007 : 

 

Le mot du nouveau Président de Chênes et Baobabs

 

Notre assemblée générale du 31 MARS 2007 vient de procéder au renouvellement de son conseil d'administration et ce nouveau conseil s' est réuni le 21 Avril pour me choisir comme président.

 Je tiens tout d'abord à vous adresser mes salutations, mes remerciements pour cette confiance.

Il s'agira pour moi de travailler pour réaliser les objectifs de notre association,de la renforcer et la rendre pérenne.

Je compte sur toutes et tous pour la réussite de cette exaltante mission. 

Avant toute chose je voudrais rendre ici un vibrant hommage aux membres de l' ancien conseil d'administration pour l' ensemble de leur action.

 Je sais compter sur l'engagement de tous pour optimiser le rayonnement de notre association et la réussite des projets en cours et à venir.

Je vous invite à parler de l'association autour de vous pour agrandir le cercle.

Sa cause est noble parce que s'inscrivant dans cette civilisation du Donner et du Recevoir qui stimule la compréhension entre les diversités, permet l' ouverture des portes du Savoir, contribue à l'accès à l'Eau et biens d'autres choses et projets que notre dynamique d'ensemble nous permettra de mettre en oeuvre et de réussir.

Chaque adhérent est pour moi, pour nous, une force de proposition et d'action ; je suis d'ores et déjà à votre écoute, ceci à tout moment.

Je souhaite à tous les adhérents de pouvoir faire le voyage un jour au Sénégal, aux autres d'y retourner !

A tous je répète que votre champ d'action pour l'association est partout où vous vous trouverez.

Au personnel salarié je souhaite une bonne collaboration dans un esprit de sauvegarder les intérêts de l'association, notre bien commun : Retroussons nos manches pour bâtir.

Avant de vous quitter je voudrai partager avec vous cette citation qui j'espère est dans la ligne droite de nos engagements : « Nous sommes les associés de tous ceux qui vivent, la providence de tous ceux qui naîtront, les héritiers de tous ceux qui sont morts ».

Je vous remercie une fois encore en vous transmettant mes salutations et ma sincère conviction qu'ensemble nous réussirons de très belles actions. 

                                                                                   Le Président  Mr Fara N'Diaye

L'ancien et le nouveau président des Chênes et Baobabs

Dr Alain Bréant et Mr Fara N'Diaye

Avril 2007 : 

 

Le co-développement : 

un espoir pour des relations différentes ?

 

Les relations entre les pays pauvres du Sud et les pays riches sont faussées ! Tout le monde en convient ! Profitant de la désorganisation politique mais aussi économique et sociale post coloniale, les pays riches ont imposé au pays du Sud des contraintes de toutes sortes qui ont constitué un handicap supplémentaire ! 

Aujourd'hui des voix se font entendre chez les dirigeants de ces pays riches pour dénoncer cet état de fait et  pour annoncer que des changements s'imposaient !

Le terme générique pour évoquer cette nouvelle attitude se nomme le co-développemenrt ! Il y a une dizaine d'années il était présenté comme une solution au problème de l'immigration massive. Aujourd'hui, bien que l'impact sur l'immigration ne soit sûrement pas absent des motivations, l'objectif est plus global. Le gouvernement français et le parlement  par la loi du 24 juillet 2006 et l'institution du compte épargne co-développement ont  créé un outil financier qui pourrait se révéler efficace.

D'autres mesures concrètes sont évoquées ici et là qui prouvent qu'il est possible de façon simple, pratique et rapide d'élaborer des réformes qui  permettraient de motiver les investisseurs économiques.

Les institutions européennes pourraient dans ce domaine jouer un rôle essentiel !  Inch'Allah, 2007 pourrait être une année charnière !

Alors que la fête de l'indépendance du Sénégal et le début d'un nouveau quinquennat du Président Wade sont célébrés, formulons des voeux pour que tout cela profite aux populations du Sénégal.

A. Bréant

Mars 2007 : 

 

Ambiance électorale !

 

Le Sénégal, exemple de démocratie et de stabilité politique en Afrique, vient de battre le record de son taux de participation à l’élection présidentielle ; ainsi, environ 70% des inscrits sont allés dans les urnes pour accomplir leur devoir de citoyen face à 15 candidats.

Alors que d’aucuns affirmaient qu’un 2ème tour était inévitable vu le nombre important de candidats (15 au total), le président sortant Maître Abdoulaye Wade  prédisait avec conviction sa victoire dès le 1er tour.

Dakar a commencé à se vider la veille car beaucoup de ses habitants se sont rendus dans leurs localités natales pour voter. A noter que chaque candidat avait, pendant la campagne électorale, parcouru toutes les régions du Sénégal et parfois les coins les plus reculés pour solliciter les voix des citoyens.

Le jour de l’élection (dimanche 25 février) a presque été comme un jour ordinaire dans la vie sociale des Sénégalais ; les biens et les personnes ont ainsi circulé librement sans aucune crainte.

Dès la fin de la journée de vote les tendances, relayées par les radios privées présentes sur les bureaux de vote des différentes régions, se sont fortement dégagées en faveur de Abdoulaye Wade.

Le lendemain, les résultats provisoires, établis par les différentes commissions électorales départementales du Sénégal, propulsaient déjà Maître Wade en tête avec plus de 51% des voix.

M. Landing Savané, opposant et candidat à la même élection présidentielle, a de suite téléphoné à Abdoulaye Wade pour le féliciter (fair play !).

Malgré quelques soucis d’organisation technique dans certaines zones villageoises, aucune contestation majeure n’a été constatée.

Les résultats officiels publiés par la commission nationale de recensement des votes affichent un score de plus de 55% des suffrages valablement exprimés en faveur du président sortant et candidat à sa propre succession Maître Abdoulaye Wade. Abdoulaye Wade est donc réélu dès le 1er tour à la tête de la république du Sénégal pour un mandat de 5 ans.

En dehors d’un incident intervenu dans la capitale pendant la campagne électorale entre les disciples d’un marabout et la foule qui accompagnait le cortège de M. Idrissa Seck (ancien premier ministre), on aura noté particulièrement le calme remarquable dans lequel l’élection présidentielle s’est déroulée.

Le Sénégal a, encore une fois de plus, montré l’exemple de la démocratie dans une Afrique meurtrie de guerres politiques et civiles. La maturité du peuple Sénégalais mérite d’être salué !

Ceux qui pensent « qu’en Afrique il faut toujours garder la valise sous le nez ! » doivent se détromper car cette affirmation généraliste n’a pas encore trouvé ses fondements au Sénégal et ce pays n’est pas moins stable qu’un autre !

 

Daouda TALL

Février 2007 : 

 

Les Français s'étonnent d'être racistes !

 

Il aura fallu une émission de télévision, sous forme d'un jeu stupide, et d'un sondage, pour que les médias s'attardent l'espace d'un instant sur la dure réalité du racisme au quotidien dans la France d'aujourd'hui ! 

 

Et oui ! Les bons Français n'ont toujours pas compris, dans leur globalité, que la couleur de la peau ou le nom patronymique ne donnaient pas des droits ou des devoirs selon leurs caractéristiques et que l'égalité commençait par s'accepter tel qu'on est !

On a beau être "civilisé" et particulièrement attaché à des convictions nationalistes !

 

A. Bréant

Janvier 2007 : 

 

Des voeux dans le contexte de la dure réalité du pouvoir

 

Dans la folle succession des années, 2006 aura été, pour les peuples du Monde, une année sans surprise et sans grande avancée pour le bonheur des peuples !

Que nous réserve 2007 ? Doit-on conserver un espoir pour la résolution des multiples conflits nationaux et internationaux et pour une plus grande justice sociale en faveur des millions de personnes vivant dans la souffrance ?

Il faudrait pour cela que ceux qui gouvernent le Monde aient de soudaines vertus qu'ils ne semblent pas vraiment posséder !  

Au Sénégal, 2007 sera d'abord une année d'élection présidentielle avec une incertitude sur le sort qui sera réservé au Président Wade qui se représente dans un contexte difficile ! L'assassinat récent du Président du Conseil Régional de Ziguinchor, Mr Oumar Lamine Badji, dans des conditions atroces, laisse mal augurer de la sérénité qui serait nécessaire pour espérer redonner l'espoir, grâce à un indispensable consensus,  aux populations de ce beau pays que nous aimons tant !

Dans ces conditions, souhaitons aux hommes et femmes de ce Monde d'accepter de taire leurs dissensions pour se rassembler et pour oeuvrer dans l'humilité en faveur de la concorde universelle ! Espérons ! 

 

A. Bréant

Décembre 2006 : 

 

La corruption au Sud, 

les "petits arrangements" du Nord

 

Il est banal de décrier la corruption des hommes politiques et de la fonction publique des pays sous-développés en général et en particulier africains. Celle-ci s'explique par de nombreux facteurs et si on ne peut l'excuser, on peut la comprendre tant sont difficiles les conditions de vie des fonctionnaires et agents de l'état et tant l'utilisation du pouvoir est tentante pour satisfaire des ambitions personnelles.

 

Mais les pays du Nord et en particulier la France n'est pas bien placée pour donner des leçons si on se réfère aux nombreux témoignages relatifs aux "petits arrangements" que nos hommes politiques et nos décideurs utilisent pour détourner à leur avantage l'argent public ou pour financer des "usines à gaz" qui se prétendent spécialistes de l'aide au développement ou de la coopération décentralisée. Bien sûr, la loi punie de telles exactions et les grandes affaires se font plus discrètes et la cour des comptes peut de temps en temps pondre un rapport sur la mauvaise utilisation de l'argent public, mais à quoi ça sert ? 

 

Les associations de solidarité internationale sont confrontées à ces obligatoires adaptations au bon vouloir des décideurs qui au Nord comme au Sud imposent leurs pratiques. Bien sûr la loi du silence s'impose à tous car nous sommes confrontés à la loi du plus fort et à la nécessité d'obtenir ici des subventions, là des autorisations. Et dans les deux cas, ceci est indispensable à la poursuite de projets qui concernent des populations défavorisées qui n'ont rien et qui attendent tout de nous !

 

Jean de la Fontaine nous avait prévenu quand il termine son poème "Les animaux malades de la peste" par ces vers :

Selon que vous soyez puissant ou misérable

Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir!

 

A. Bréant

 

Novembre 2006 : 

 

Une date oubliée : le 18 novembre 1803

 

Le 18 novembre 1803, à Saint-Domingue, l'armée française capitule devant les anciens esclaves. La colonie française devient le premier État noir indépendant sous le nom de Haïti. 

 

Napoléon Bonaparte avait montré son vrai visage et le Ier Empereur des français restera dans l'Histoire comme le nième exemple de ces autocrates esclavagistes plus préoccupés de l'intérêt nationaliste de leur pré carré que du bonheur des peuples.

 

Qui aujourd'hui fêtera cette victoire des opprimés sur les puissants ?

 

Qui aujourd'hui reconnaîtra à cet événement historique un contenu exemplaire et prémonitoire sur la revanche de la Négritude  ?

 

Bien sûr, l'élan ainsi donné ne se confirmera pas et aujourd'hui Haïti souffre encore de l'influence nocive des grandes puissances.

 

Mais à l'échelle de l'Histoire, l'événement demeurera avec toute sa portée symbolique.

 

Amadio Babacar Diallo

Octobre 2006 : 

 

Redécouvrir Léopold Sedar Senghor

 

Le 9 octobre 1906 naissait Léopold Sedar Senghor en pays sérère.

 

100 ans plus tard plusieurs lectures d'une vie extraordinaire sont possibles. Chacun peut être tenté de retenir la facette qui lui plaît de cet homme aux multiples talents.

Que cela soit au Sénégal , en Afrique, en France ou dans le Monde, les hommes d'aujourd'hui sont tentés de focaliser leur regard sur l'aspect qui leur paraît le plus proche ; les ennemis politiques, les ennemis de la colonisation ou les ennemis de l'émancipation africaine minimisent à leurs manières, l'importance de cet homme qui à lui seul pourrait symboliser l'affirmation de l'Afrique en général et du Sénégal en particulier.

Léopold Sedar Senghor symbolise à plus d'un titre la capacité d'une région, d'un pays et d'un continent qui après avoir été longtemps pillé et exploité par les puissances occidentales se relève tel un phénix pour se faire respecter des autres nations.

 

Léopold Sedar Senghor, comme d'autres grands hommes sénégalais mais de façon beaucoup plus marquante sur le plan mondial, est la manifestation de cette force africaine capable de surmonter de grandes épreuves.

 

Les Sénégalais devraient aujourd'hui se le réapproprier comme leur grande figure nationale, comme leur fierté d'être Sénégalais et Africain et comme une motivation supplémentaire à croire dans leur avenir.

Alain Bréant

 

Septembre 2006 : 

 

L'immigration : un mauvais débat qui occulte une catastrophe humanitaire !

 

Le débat politique français est pollué par cette question et tout tourne autour des 2 solutions actuellement proposées par la classe politique :
- il faut une immigration limitée aux besoins
- il faut une immigration limitée mais humaniste et tolérante des situations acquises.

Selon que l'on est de droite ou de gauche, selon que l'on vive dans une banlieue "à risques" , selon que l'on cherche à plaire à un électorat , on se retrouve ipso facto confronté à ses 2 points de vue !

Et pendant ce temps-là des milliers d'hommes , de femmes et d'enfants errent sur les routes du monde parce qu'ils n'ont aucun espoir chez eux ! 

 

Il me semble que la question de l'immigration ne peut pas être dissociée d'une approche de la solidarité internationale et du nécessaire soutien aux développements des pays pauvres.

Si la République Française voulait avoir un sens, il faudrait affirmer haut et fort que la France est le Monde et le Monde est en France ! Il serait par ailleurs logique de proposer à l'Europe de se construire sur ce modèle !

Dans cette démarche , il faudrait :
- établir un moratoire en mettant en place une politique de communication aussi bien nationale qu'internationale sur la démarche entreprise
- lancer une grande conférence internationale avec les états concernés pour mettre en vigueur
           * l'intégration voulue
           * l'emploi local dans les pays d'origine
           * la démocratie locale et la lutte contre la corruption

Il me semblerait possible de tarir les comportements individuels vers une immigration mythique qui se traduisent par des morts par milliers en proposant une vraie alternative  !

 Alain Bréant

Août 2006 : 

Que la terre lui soit légère !

Chênes et Baobabs a perdu un ami en la personne de Mr Yéri Seck !  Adjoint au Maire de Cayar, fonctionnaire au Ministère du plan, Membre du parti socialiste sénégalais, Mr Yéri Seck est décédé, à un âge encore jeune, il y a quelques semaines des suites de maladie. Il est mort dans sa belle ville de Cayar où il habitait avec sa famille et pour laquelle il se dévouait tant.

C'était un homme de confiance, riche de ces qualités humaines qui nourrissent les relations entre les hommes. Homme de foi, homme d'espérance, il se passionnait pour le développement de sa ville et de son pays. Homme courtois et élégant, il savait garder, avec humour, cette distance devant les événements qui caractérise les hommes d'expérience qui savent ce qu'est la vie !

Sa maladie fut courte mais implacable et nous l'avons vu dépérir avec la rage de l'impuissance alors que lui-même acceptait son destin avec stoïcisme.

 

Il restera dans nos mémoires comme l'exemple de l'engagement de ces nombreux responsables sénégalais qui ont décidé de consacrer avec humilité leurs vies au service de leur pays.

 

Ses enfants pourront être fiers de leur père. Sa ville trouvera en lui un modèle à proposer aux plus jeunes.

 

A sa femme, à sa famille, à ses amis, au nom de Chênes et Baobabs, je présente les condoléances attristées ; nous le saluons et nous savons que la terre lui a été légère.

 Alain Bréant

Juillet 2006 : 

Le rendu de l'évaluation de 10 ans (1994-2004) 

de coopération non gouvernementale France - Sénégal :

Une occasion manquée !

L'initiative du Ministère des Affaires Etrangères français était méritoire : vouloir faire un bilan de 10 ans de coopération non gouvernementale et confier la mise en oeuvre de cette évaluation à un organisme sérieux comme le F3E  était assurément une démarche intéressante qui pouvait présager de la volonté d'avoir un regard extérieur objectif et critique.

A la suite d'un appel d'offres, l'évaluation fut confiée à deux organismes français, Cap Juby et Tech Dev et un cabinet sénégalais, Remix.

F3E avait programmé deux rencontres pour rendre compte du rapport final : l'une à Paris, le 19 mai, l'autre à Saint-Louis, le 27 juin. Les acteurs de la coopération non gouvernementale, dont les deux composantes principales que sont les collectivités locales et les ONG, avaient été conviées à prendre connaissance de ces constats et à réagir.

 

On pouvait penser qu'à Paris, les acteurs français étaient les premiers concernés et qu'à Saint-Louis, les partenaires sénégalais auraient largement la parole.

 

Que dire au final ?  Beaucoup d'espoir et une énorme déception !

Sans rentrer dans les détails, quatre remarques me semblent refléter ce qui ressemble beaucoup à une occasion manquée :

- Les conclusions de cette évaluation, globalement peu convaincantes pour ce bilan de 10 ans de coopération non gouvernementale, sont ininterprétables : vagues, peu précises, méthodologiquement critiquables !

-  La discrétion du MAE a permis à deux grandes organisations françaises d'occuper le terrain de la prise de parole : Citées Unies France, "spécialiste" de la coopération des collectivités locales et Coordination Sud, "spécialiste" des grosses ONG, sont clairement apparues comme deux grosses structures de lobbying cherchant à préserver leur "pouvoir" et à en revendiquer encore plus !

- Les partenaires sénégalais, mis à part le CONGAD, ont  globalement soit déclinés l'offre de participer à ces manifestations soit n'ont pas réellement exprimé leurs vécus de partenaires locaux.

- Le mode d'intervention de Mr Charles Josselin, Président de Citées Unies France, et ancien Ministre de la coopération a permis de se rendre compte combien les vieux réflexes post coloniaux étaient toujours aussi vivaces !

Au total, on peut se poser des questions sur la démarche réalisée par F3E et sur "l'instrumentation"  de ces "grandes messes" franco-françaises de la coopération non gouvernementale que tout le monde vante comme une alternative à la coopération inter étatique et qui au final semble le champ réservé de "petits" pouvoirs ! Dommage !

 

 Alain Bréant  

Juin 2006 : 

Le rapport moral lu à l'occasion de l'AG de Chênes et Baobabs du 27 mai 2006

Avec l’année 2005, nous avons achevé la 11ème année de notre existence en tant qu’association de solidarité internationale dévouée au Sénégal.

Ce simple chiffre est en lui-même le condensé d’une multitude de joies, de peines aussi, de visages, d’espoirs. Beaucoup de nouveaux, quelques anciens ! et parmi eux, fidèle d’entre les fidèles , permettez-moi de rendre hommage à Joseph-Alexandre Mané, mon plus vieux compagnon de route, mon alter ego.  Sa constance, sa fidélité en amitié, sa discrétion, sa capacité d’intervention font de lui un élément incontournable de l’équipe de Chênes et Baobabs au Sénégal. Je suis fier d’avoir su conserver son amitié, je suis heureux que son attachement à notre association soit toujours aussi vivace qu’aux premiers jours ! Il est un modèle et à ce titre je lui rend hommage !

S’il fallait résumer, la physionomie du bilan moral de notre activité en 2005, je vous proposerai l’expression : Une transition vers plus d’efficacité !

2005, dans la continuité de la prise de conscience d’un certain nombre d’exigences, restera comme une année de transition pendant laquelle nous avons essayé de rester fidèles à trois objectifs :

- Resserrer l’équipe de direction autour de plus de compétences

- Responsabiliser les partenaires

- Imposer la rigueur en laissant entrer le rêve

Pour accomplir ces actions le bureau de l’association a pu cette année bénéficier du travail outre de l’équipe sénégalaise du centre de formation Chênes et Baobabs de Nguekokh dirigée par Mr Khalifa Mbaye Diouf, de Mme Dominique Cottens, secrétaire comptable de Chênes et Baobabs et de Mr Daouda Tall, chargé du Suivi des projets. Ces soutiens ont été très appréciables et je les remercie tous chaleureusement.

Si on se réfère au but explicité dans l’article 2 de nos statuts, même si on ne doit jamais se satisfaire de ce que nous avons pu faire, nous n’avons pas à rougir de ce qui a été entrepris durant cette année 2005.

L’engagement des membres de Chênes et Baobabs s’est manifesté dans plusieurs domaines et selon plusieurs modalités ; le rapport d’activités reviendra plus précisément en détail sur ce que nous avons réalisé mais deux éléments méritent d’être soulignés :

- pour la première année, outre l’engagement individuel, l’action de Chênes et Baobabs a bénéficié de l’engagement des trois associations affiliées que sont Chênes et Baobabs Région Centre, présidé par Daniel Millière, Chênes et Baobabs Pays Basque présidée par Véronique Darritchon et Chênes et Baobabs Limousin présidé par Gilbert Brossard. Dans leurs domaines respectifs, la récupération et l’envoi de matériel médical et scolaire, le projet handibasket et le soutien scolaire aux enfants déscolarisés, ces trois associations démultiplient nos interventions en faveur de l’aide au développement du Sénégal. C’est un élément extrêmement important et porteur de nouvelles perspectives.

- outre les domaines dans lesquels nous nous investissons depuis plusieurs années (le fonctionnement du centre de formation de Nguekokh et le soutien au GIE des éleveurs de zébus de Nguekokh et des environs), 2005 aura vu la première implication d’une membre de Chênes et Baobabs dans le fonctionnement d’une structure de santé publique. Il s’agit de la mission d’Hélène Descottes, sage femme au centre hospitalier de Vitré qui a accepté d’effectuer 4 semaines de mission dans une maternité à Diourbel. Par la qualité de son engagement elle a éclairé cette année 2005 et nous pouvons être fiers de ce qu’elle a fait.

La satisfaction d’un président d’association, c’est de constater l’engagement des membres et leur motivation à se dévouer pour faire vivre le but commun. A ce titre, je peux dire que je suis un président satisfait même si parfois j’exprime des besoins encore plus importants pour répondre aux attentes qui sont énormes. Grâce aux membres du bureau, avec les éléments les plus actifs de l’association, le travail accompli a été important.

En dehors des adhérents, le soutien et le désintéressement des partenaires ont également été très significatifs ; en 2005, l’engagement renouvelé de nos partenaires sénégalais et en premier lieu Mme Aminata Tall, Ministre des Collectivités locales et de la décentralisation, Mr Abou Ndiaye, Maire de Nguekokh, MM. Charles Ndaw et Siddick Traoré, Président et Directeur  de la Fondation Nationale d’Action Sociale du Sénégal, de nos partenaires français et en particulier le Conseil Général de l’Allier, présidé par Mr Gérard Dériot, la Guilde Européenne du Raid, le Ministère des Affaires Etrangères et le Conseil Régional d’Auvergne, de nos partenaires associatifs (les étudiants de l’isa-btp d’Anglet et les scouts de France de Lompret ) et des professionnels qui encadrent notre fonctionnement.

En 2005, à l’occasion de l’AG, les membres de l’association ont pu, pour la première fois, faire connaissance avec Mr Dominique Cheminot, notre commissaire aux comptes, qui après avoir examiné le bilan comptable 2004, et suggéré quelques correctifs au bilan, a pu attester la régularité des comptes de l’association.

La tristesse d’un président d’association c’est de voir combien certains se sont trompés d’adresse en espérant trouver ici la satisfaction d’intérêts personnels ; c’est le lot des activités humaines et nous ferons tout pour oublier ces péripéties médiocres.

Faire le rapport moral d’une année d’activité c’est aussi examiner si nos orientations doivent être poursuivies .

Chênes et Baobabs a aujourd’hui cinq grandes activités :

- une activité de formation

- une activité de fournitures d’équipements

- une activité d’accueil de touristes solidaires

- une activité de soutien au fonctionnement de structures sénégalaises publiques et privées

- une activité de promotion de la culture sénégalaise

Celle qui nous pose le plus de problèmes est sans contexte l’accueil de touristes solidaires et ce pour de multiples raisons. Nous verrons dans l’étude des projets une proposition concernant ce domaine d’activités.

L’activité de formation est sans contexte l’élément fondamental qui crédibilise notre existence. C’est une action qui mérite du temps pour être correctement évaluée mais c’est certainement la plus intéressante dans la dynamique de l’aide au développement du Sénégal qui est la notre.

L’ activité de promotion de la culture sénégalaise est une nouveauté et si elle a débité en 2005 c’est en 2006 que nous y verrons son application dans le cadre de l’année Senghor.

Au total, 2005,   bien que riche en événements de tous ordres, aura été pour Chênes et Baobabs une année de travail et de dévouement à la cause sénégalaise, et à ce titre je remercie chaleureusement toutes celles et tous ceux qui y ont participé.

 

Dr Alain Bréant

Président

 

Mai 2006 : 

Le tourisme solidaire : un difficile pari !

Il est de bon ton de critiquer le tourisme de masse et ses effets pervers !

Le tourisme solidaire, éthique, durable, équitable est souvent cité comme l'alternative au tourisme des tours operators bon marché et éloigné des réalités locales !

Mais tout n'est pas aussi simple ! 

Les touristes solidaires ne sont pas à l'abri des dérives égoïstes, de l'irrespect de la culture locale et de l'interventionnisme moralisateur ! 

Par méconnaissance, par maladresse, par un oubli désastreux des convenances sociales locales, certains en arrivent à des comportements déshonorants.

Le tourisme solidaire est une pratique sociale exigeante qui nécessite beaucoup d'humilité et une capacité d'écoute sans pareille ! 

Si les candidats à cette découverte ne sont pas prêts à faire les efforts indispensables, mieux vaut encore qu'ils ne se risquent pas dans cette aventure ! Ils feraient plus de mal que de bien !

A bon entendeur salut !

Alain Bréant

 

Avril 2006 : 

Se développer, c'est produire !

Confronté à la pauvreté et à la pénurie, dépendant de l'aide internationale, miné par un conflit interne qui l'empêche de valoriser les ressources naturelles de sa région la plus fertile, le Sénégal et les Sénégalais souffrent !

Comment dans ces conditions imaginer trouver la solution à tant de problèmes ?

Comment permettre aux forces vives de retrouver le goût d'entreprendre et de produire ?

Comment permettre à l'Etat d'acquérir les marges de manœuvre nécessaires pour faire fonctionner l'administration et les services publics ? 

A notre modeste niveau, nous avons choisi de miser sur la formation ; le centre de formation Chênes et Baobabs est l'outil qui devrait nous permettre, si nous sommes entendus, d'offrir des formations gratuites ciblées sur les besoins des professionnels et des administrations, pour des formations pratiques de courte durée. Aujourd'hui, grâce au Conseil Général de l'Allier, et depuis octobre 2004, la formation à l'outil informatique des agents des communes rurales est une réalité. Nous prévoyons de mettre en oeuvre d'autres modules de formation : menuiserie, mécanique, peinture-plâtrerie, artisanat. Pour ce faire nous avons besoin de votre aide. N'hésitez pas à nous contacter ! Merci d'avance !

Par la formation, nous pourrons améliorer la production de biens et de valeur ajoutée, élément déterminant du développement.

Alain Bréant

 

 

Mars 2006 : 

2006, Année Senghor

Les médias ne se sont pas encore appropriés la célébration du centenaire de la naissance du grand poète mais cela ne devrait plus tarder , Inch allah ! 

Il est vrai que la commémoration du 250ème anniversaire de la naissance de Mozart lui fait de l'ombre !

En lançant le projet du concours de sculpture ouvert aux binômes de sculpteurs (dont un sculpteur sénégalais) Chênes et Baobabs a fait un pari ambitieux : promouvoir l'art contemporain au service d'un grand poète africain !

Grâce à l'implication d'une équipe de jeunes conduite par Marielle Bulidon, grâce au soutien de Madame Marie-Laure Croiziers, nous espérons pouvoir franchir les étapes qui mèneront à la réalisation d'une oeuvre que nous souhaiterions voir s'inscrire dans le patrimoine culturel du Sénégal. 

Pour cela , tous les amoureux de Senghor et du Sénégal sont invités à nous rejoindre !

Alain Bréant

 

Février 2006 : 

La Francophonie, une réalité à revisiter !

L'Organisation Internationale de la Francophonie a modifié son mode de fonctionnement et un nouveau directeur général a été nommé. Souhaitons-leur beaucoup d'énergie, de courage et d'imagination pour que cette grande et belle idée puisse se développer à travers le monde.  

Mais il me semble que la Francophonie n'a pas résolu le problème de la langue française dans la mesure où celle-ci est encore trop identifiée à un territoire et à une nation, la France.

Pour que la Francophonie vive et se développe, il serait absolument nécessaire que chaque nation qui se réclame de la Francophonie puisse s'approprier cette langue et se la faire sienne en y introduisant le piment de son originalité propre. 

Une langue doit être vivante ; elle doit s'adapter aux particularismes locaux. Le Français du Sénégal n'est pas le même que le Français du Québec !  Et pourtant ce sont deux langues qui ont un patrimoine commun !

D'autres langues à vocation universelle ont réussi leurs adaptations ! Pourquoi la langue française ne réussirait-elle pas ? Ne serait-il pas concevable que l'Organisation Internationale de la Francophonie reconnaisse aux peuples le droit de s'approprier leur langue française sans retenue ni pudeur ?

Alain Bréant

Janvier 2006 : 

Nouvelle année, convictions renforcées !

Encore une nouvelle année ! Les morts ne sont plus là mais les vivants les gardent dans leurs mémoires et nous nous devons de les honorer avant de continuer notre route ! Dieu est grand et nous pardonne !

Encore une nouvelle année ! Pour quoi faire ? Vivre ou survivre ? Accepter ou se révolter ? Attendre ou convaincre ?

Encore une nouvelle année ! Honorons nos enfants qui nous apportent la force de la vie ! Honorons nos femmes qui nous font jouir de la vie ! Honorons Dieu qui calme nos impatiences !  

Encore une nouvelle année ! Glorifions là de nous permettre d'essayer de réussir le combat contre les injustices ! Glorifions la de nous permettre d'espérer ! 

Encore une nouvelle année ! Qu'elle vous soit belle !

Alain Bréant

 

Décembre 2005 : L'immigration ou la seule issue du désespéré

Le sort dramatique réservé aux candidats à l'immigration a le triste intérêt de montrer à la face du monde combien est vaine la politique de restriction  que les gouvernements du Nord veulent mettre en place depuis des décennies.

Et pourtant de nombreuses voix se font entendre pour expliquer que les immigrés ne quittent pas leurs pays par plaisir mais par nécessité et toutes les barrières ne suffiront pas à les dissuader parce qu'ils n'ont pas le choix !

De nombreuses voix expliquent pourtant qu'une aide économique massive suffirait à redonner confiance dans les capacités d'une vie au pays et à tarir durablement la voie de l'immigration désespérée ! 

Chacun sait que cette aide économique massive orientée vers la satisfaction des besoins primaires et en premier lieu la production agricole ne serait pas un fardeau démesuré pour les budgets des pays riches dans la mesure où, avec un minimum de protectionnisme local, elle assurerait un vrai décollage économique  ! 

Mais nos chers gouvernants persistent à utiliser le double langage de la langue de bois dans les instances internationales avec le saupoudrage des aides  pour se donner bonne conscience et de la matraque sur la voie publique pour satisfaire l'électorat "bien pensant" ! 

Jusqu'à quand ? Jusqu'à quelle catastrophe humaine ?

Alain Bréant

Novembre 2005 : 

La fête de « korité » : Pardon et Allégresse !
 

Population musulmane à 95%, les Sénégalais, sont très pieux mais pratiquent un « Islam modéré sans violence ». 

Les activités au Sénégal étaient relativement au ralenti depuis un mois avec le Ramadan qui a coïncidé avec une période de forte chaleur. La fête de l’Aïd el fitr ou korité en Wolof marque la fin de ce mois de Ramadan. Cette année, on retiendra que tous les Sénégalais ne se sont pas entendus quant à la date de cet événement dont le choix est basé sur l’apparition de la lune. Cependant, comme d’habitude, l’ambiance chaleureuse de fête s’est faite sentir dans l’ensemble du pays. Pour ce jour de fête, Dakar est presque vide car la plupart des gens venus s’installer dans la capitale pour trouver du travail retourne dans leurs familles à l’intérieur du pays.  

Traditionnellement, les hommes sont vêtus de beaux boubous neufs avec des babouches alors que les femmes manifestent leur élégance avec des belles robes neuves de production locale. La tradition veut que les gens se rendent dans les familles voisines pour demander pardon et prier pour la paix dans l’ensemble du pays. C’est aussi un jour de retrouvailles avec les tantes, oncles, neveux, nièces, cousins grand parents, amis d’enfance etc.…

Dans chaque ville, les autorités locales (gouverneurs de région, préfets, sous-préfets, maires etc.) rendent une visite de courtoisie aux chefs religieux et coutumiers qui jouent un rôle important dans le maintien de la paix au Sénégal. Le Sénégal, grâce à son unité nationale, bénéficie aujourd’hui du statut de pays politiquement stable contrairement à beaucoup d’autres pays Africains.

Les chrétiens du Sénégal s’associent également à cette fête qui est devenue un événement culturel que tout le pays partage à l’image des fêtes de Noël et de fin d’année.

Nous remarquerons particulièrement que cette année, le Président de la république n’a pas fêté cet événement avec les Sénégalais (ce qui est rare… !). Il se trouvait en effet dans la capitale Française et a prié à la grande mosquée de Paris.

Les Sénégalais seront certainement contents de  retrouver le délicieux « thièbou dieune » (riz au poisson), lors des repas de midi après un mois de jeûne! 

Daouda TALL

Octobre 2005

Plus de dons pour avoir plus de bénévoles

Le bénévolat est classiquement opposé au salariat, au profit et à l'intéressement. Le bénévole est censé être désintéressé.

Mais la définition serait incomplète si on oubliait de dire que le bénévole doit le plus souvent participer au financement de son activité associative. Que ce soit par l'adhésion, la prise en charge de différents frais, jusqu'aux contributions financières nécessaires à l'équilibre financier de l'association. Si on veut pouvoir attirer le bénévolat, il faut pouvoir soulagez les contraintes financières qui s'abattent sur les bénévoles en prenant en charge certains frais justifiés. 

Ce n'est possible que si les dons offerts à l'association sont à hauteur des espérances.

La loi, en autorisant la déduction fiscale des dons, reconnaît le bien fondé de la nécessité de "dédommager" le donateur.

Dans ce dernier trimestre 2005, il vous est ainsi possible de soutenir nos actions en réalisant un don qui au final ne vous coûtera que 40% de sa valeur.. 

Merci d'avance d'en faire profitez Chênes et Baobabs en les adressant à Chênes et Baobabs - 03350 - Louroux-Bourbonnais. (Une attestation fiscale vous sera adressée par retourdu courrier)

Alain Bréant

  Septembre 2005

Le Tiers Monde face à la nécessité de l’efficacité de l’aide au développement

La notion de Tiers Monde, empruntée à Alfred Sauvy, désigne les pays où la survie de l’Homme reste un problème fondamental. Aujourd’hui, on utilise d'autres qualificatifs : pays sous-développés, pays en voie de développement, pays du Sud, pays pauvres… Tous ces pays ainsi qualifiés, dont la grande majorité se trouve dans le vieux continent africain, ont un dénominateur commun : la pauvreté.

Les gouvernements de ces pays reçoivent des aides émanant des États du Nord dans le cadre de la coopération internationale.

On peut dès lors se poser deux principales questions quant à l’efficacité de cette aide.

1 / Les populations pauvres en bénéficient-elles réellement ?

2 / Les actions dites charitables peuvent-elles vraiment aider l’Afrique à sortir du sous-développement ?

La corruption, souvent liée au sous-développement qui existe dans les pays du Sud, explique que les populations défavorisées ne bénéficient pas toujours de l’aide internationale versée aux États.

On parle tous les jours de détournement de fonds dans ces pays. Au Sénégal, l’actualité a été dominée ces derniers jours par l’affaire Idrissa Seck, ancien premier ministre impliqué dans le dépassement du budget consacré aux chantiers de la ville de Thiès. Il lui est reproché d’avoir détourné une dizaine de milliards de francs CFA.

En plus, l'aide internationale se fait dans de nombreux cas sous forme d'emprunts que les pays pauvres n’arrivent pas à rembourser. De ce fait, ils sont de plus en plus dépendants de leurs créanciers et les faibles économies réalisées sur le budget de ces pays servent à payer des intérêts au détriment de l’amélioration des conditions de vie des populations défavorisées.

Par ailleurs, la coopération entre États se limite souvent à des actions au niveau macroéconomique pour conforter les indicateurs économiques. La réalité du terrain est souvent différente !

L’autre volet de cette coopération se matérialise par une série de dons plus ou moins réguliers. Certaines populations en sont même devenues dépendantes et ne croient plus à leurs efforts personnels pour faire face à leurs multiples besoins. D’aucuns soutiennent que l’objectif des grandes puissances est d’accroître la dépendance des pays pauvres vis-à-vis d’elles pour éviter toute concurrence ! Cela est-il vrai ?

Comme en Chine, on dit au Sénégal qu'au lieu de donner du poisson tous les jours, mieux vaut apprendre à pêcher !

Donner c’est bien mais apprendre à la personne à faire elle-même pour être indépendant un jour, c’est beaucoup mieux. A mon sens, pour s’inscrire dans une perspective de développement durable, l’Afrique a plus besoin d’aide dans le domaine du  savoir-faire plutôt qu’autre chose.

Toute la particularité philosophique de l’association Chênes et Baobabs réside dans l’appréhension de cette réalité.  

Voilà des raisons qui incitent à miser sur les petites structures telles que les ONG pour réduire la misère des pays pauvres. Ces structures connaissent souvent les réalités du terrain et collaborent avec des personnes sérieuses et capables de mener à bien leur mission.

Daouda Tall

 

Août 2005

Le Sénégal et la bonne gouvernance

L'affaire des chantiers de Thiès et le conflit politique qui oppose le Président de la République à Idrissa Seck, son ancien Premier Ministre sont les deux grands sujets de conversation de l'actualité sénégalaise de l'été 2005.

La divulgation du rapport de l'Inspection Générale sur les conditions dans lesquelles ont été conclus et réalisés certains travaux réalisés à Thiès par M. Idrissa Seck, ex Premier Ministre et Maire de Thiès,  permet à chacun de se rendre compte que l'administration sénégalaise dispose avec l'inspection générale d'un corps de hauts fonctionnaires de valeur qui est capable de mettre ses compétences au service du contrôle de la bonne gouvernance. 

Ce fait permet de réaffirmer que la bonne gouvernance n'est pas un engagement politique comme un autre. La bonne gouvernance est ou n'est pas une réalité institutionnelle garantie par la constitution permettant à l'administration et à ses agents de fonctionner en toute liberté et indépendance.

L'exemplarité de la démarche de l'inspection générale dans l'affaire des chantiers de Thiès peut être un modèle qui imprègnera l'ensemble de la fonction publique sénégalaise et qui l'incitera à se démarquer du monde politicien pour favoriser une vraie séparation des pouvoirs, condition nécessaire à la mise en oeuvre d'une bonne gouvernance.

A. Bréant

 

Juillet 2005

Les effets pervers de l'interventionnisme étranger

Vouloir aider et participer au développement économique des pays en voie de développement et du Sénégal en particulier est une noble tâche.

Mais on ne dira jamais assez combien cette tâche exige un désintéressement total.

La perversion de la relation est un risque sous estimé et le verdict du procès intenté à ce prêtre français, de surcroît médecin, est suffisamment probant pour montrer que les garanties indispensables à une action humanitaire ne sont pas toujours prises.

Le Sénégal, pays accueillant, et les Sénégalais, peuple de souffrance, doivent mettre en place des contrôles plus stricts et une évaluation objective des conditions dans lesquelles des bénévoles étrangers interviennent dans ce pays en particulier au niveau des enfants.

Ce faisant, il sera possible de protéger du pouvoir malsain d'êtres déboussolés, des victimes qui ne garderont de l'interventionnisme étranger qu'une caricature dévalorisante.

A. Bréant

 

Juin 2005

L'esclavage : un crime contre l'humanité

Un mouvement d'intellectuels se développe pour qu'enfin soit reconnu le crime contre l'humanité qu'a constitué la politique esclavagis te des grandes nations occidentales.

Ce fut un crime quand on sait le nombre considérable des victimes directes et indirectes de ce trafic mercantile.

C'est encore aujourd'hui un déni de justice quand on sait les conséquences durables que cette exploitation de l'homme par l'homme a sur le développement du continent africain.

C'est un devoir de respect et de mémoire si on veut éviter que se développe chez les intellectuels africains un mouvement de rejet de tout ce qui vient de cette Europe égoïste, sûre d'elle-même et prête à utiliser sa force et sa religion pour maintenir ses intérêts.

Si on veut que la Paix soit un encore un idéal auquel les jeunes générations sont appelées à adhérer, il faut que les instances européennes acceptent solennellement de demander pardon aux peuples d'Afrique et de contribuer aux réparations légitimes que ceux-ci sont en droit d'exiger.

A. Bréant

 

 Mai 2005

Constitution Européenne et Relations Nord-Sud

Le projet de Constitution européenne en instaurant une nouvelle organisation des relations extérieures à l'Union est riche d'espoir pour une plus grande implication de l'Europe dans les relations Nord-Sud.

Dans un domaine où un consensus est apparemment réalisé , la simplification des procédures et l'unification de la représentation dans le cadre d'un Ministère des Affaires Etrangères de l'Union Européenne devrait donner une nouvelle vitalité à la prise en compte des intérêts des pays du Sud.

Dans ses conditions, il peut paraître "troublant" de voir la dérive sectaire d'un mouvement comme ATTAC qui tend à se concentrer sur un refus extrémiste de toute réforme.

A. Bréant

Réaction !

En réaction à votre édito de mai 2005 : Où avez-vous vu dans le PCE, un semblant de relations Nord-Sud qui seraient dans l'intérêt des pays du Sud ?

Les seules contraintes du texte résident dans les moyens que se donnerait l'Union Européene pour atteindre ses objectifs visés à l'article I-41 (Sécurité et défense commune).

Tous les autres domaines de coopérations extérieures comme l'aide au développement par exemple, sont soumis aux objectifs de l'Union ou aux contraintes internationales. Dans les 3 minuscules articles qui sont concernés (de III-316 à III-318) c'est toujours le verbe "pouvoir" qui est utilisé ce qui est loin de signifier "devoir".

Nul part ailleurs dans ce projet de constitution n'apparaît une seule disposition qui engagerait l'Union dans une quelconque coopération avec les pays du sud. C'est d'ailleurs bien là que le problème se pose et que contrairement à ce que vous affirmez, les pays du sud comme ce cher Sénégal auquel comme vous, je reste attaché, ont de sérieuses raisons de s'inquiéter si ce PCE est adopté.

Cordialement,

Frédéric Omnès.

 

Avril 2005

45ème anniversaire de l'indépendance du Sénégal

 
Confiance, confiance, confiance !

Le jeu de la démocratie veut que la campagne électorale commence pour les futures échéances de 2006 (législatives) et 2007 (présidentielles) avec son lot de critiques tous azimuts.

 Les citoyens du Sénégal donnent parfois l'impression de douter de leurs capacités à développer leur pays, à réaliser les réformes indispensables et à croire dans leur avenir.

A notre niveau, il nous semble qu'il serait important que les différents responsables politiques donnent confiance aux Sénégalais dans les formidables atouts que possèdent ce grand pays, cette grande nation.

Tout est possible à la première condition d'avoir confiance. Bien sûr c'est plus facile à dire qu'à transmettre. Mais cette communication nous semble fondamentale pour permettre aux jeunes de se motiver à investir pour leur pays.

A. Bréant

Mars 2005

Le Maroc : une vraie puissance régionale

 
Un récent voyage qui m'a mené de France au Sénégal par la route me donne l'occasion d'observer le rôle grandissant que semble mener le Maroc dans cette région du Monde.

La vitalité de son économie et le développement de l'ancien Sahara Espagnol associés à ce qui semble être le renouveau de la politique extérieure marocaine sous l'influence du Roi Mohamed VI donnent crédit à l'émergence d'un axe Rabat - Nouakchott - Dakar qui pourrait être un vrai facteur de stabilité et de développement de cette région de l'Afrique de l'Ouest.

Il est bien qu'un pays comme le Maroc puisse relever le défi de l'incapacité manifeste d'un Occident hyper-développé à aider de façon durable les populations de Mauritanie et du Sénégal.

A. Bréant

Février 2005

L'espoir d'une paix durable

 

En dépit des Cassandre qui  sous estimaient les capacités du Président Wade à pouvoir régler durablement le problème de l'insécurité casamançaise, un accord de Paix a été signé dans des conditions qui semblent favorables à l'instauration d'un arrêt durable de l'activité des bandes armées.

Il est clair que si ce résultat est obtenu ce sera d'abord parce qu'une vraie coopération régionale avec les deux Guinées et avec la Gambie aura été instaurée dans l'intérêt de chaque partie.

La deuxième condition, qui elle aussi semble présente, réside dans l'espoir d'un nouveau développement économique de la Casamance beaucoup plus sérieux que l'économie souterraine produite par la culture du chanvre.

Il ne reste plus maintenant aux différents responsables qu'à être prudent et savoir éviter de tomber dans le piège des prochaines provocations qui ne manqueront pas.

Diébo Sow

 

Janvier 2005

Les leçons d'un cataclysme

 
La déferlante qui a emporté des milliers de vie et détruit des centaines de bâtiments et d'équipements publics des grands pays de l'Asie que sont l'Inde, L'Indonésie, la Thaillande et Ceylan, pour ne citer que les principaux, ne peut que nous interroger sur une réalité que nous avons tendance à oublier : l'insécurité de la vie sur terre. 

Jusqu'à maintenant, il était d'usage de gérer l'événementiel ; selon la nature de la catastrophe, le choc des images et les circonstances, une mobilisation plus ou moins importante se mettait en place pour faire face aux besoins les plus urgents et puis la vie reprenait son cours et l'on oubliait peu ou prou ce qui c'était passé. 

Avec les tsunamis, nos dirigeants se trouvent confronter à une autre dimension des sinistres et à une autre responsabilité : il ne s'agit plus d'un événement national et d'une responsabilité gouvernementale mais d'un événement mondial et d'une responsabilité collective qui englobe gouvernements, institutions et ONG.

Il est maintenant du devoir de l'ONU de prendre toute la mesure de l'événement pour gérer le mieux possible le traitement des plaies occasionnées mais aussi pour anticiper sur d'autres catastrophes de cette nature qui pourraient survenir.

A l'échelle de l'Afrique en général et du Sénégal en particulier, il serait bon que les institutions internationales  et les gouvernements envisagent une organisation des secours qui puisse se mettre en place en cas de nécessité et qui tienne compte des réalités locales.

Alain Bréant

Décembre 2004

100 ans pour Ziguinchor

 
Le centenaire de Ziguinchor promet d'être une belle et grande fête et nous invitons toutes celles et tous ceux qui le peuvent à s'y associer (voir le programme sur le site référent).

Sans complexes, avec cette volonté de mettre en valeur le dynamisme d'une population, les responsables locaux appuyés par les autorités de la République du Sénégal ont élaboré un rendez-vous à la fois festif, imaginatif et projectif. 

Cette manière moderne de traiter un événement historique est riche d'espoir. L'important c'est ce que nous vivons aujourd'hui et ce qui nous attend.

Souhaitons à nos amis Casamançais et à tous les Sénégalais de se retrouver au travers de ce centenaire afin de mieux percevoir ce qui les unit pour redonner confiance à une jeunesse riche d'un avenir prometteur.  

Alain Bréant

Novembre 2004

Ne pas se tromper d'investissement

 
Il faut tout faire pour venir en aide aux populations agropastorales du Sénégal ; c'est de cette façon seulement que l'on pourra aider ce pays.

C'est réellement un paradoxe ! 

Dans un pays désorganisé par un fort taux d'émigration les gens investissent dans l'immobilier de loisirs alors qu'il faudrait qu'ils changent de mentalité afin de choisir les créneaux porteurs du développement agricole et pastoral pour sortir de l'état de pauvreté dans lequel se trouve le Sénégal. 

L'embouche bovine et ovine, l'irrigation, le développement de la race équine, l'aviculture, le maraîchage, l'horticulture, le développement des bassins de rétention et des mares artificielles sont aujourd'hui des secteurs qui méritent des investissements importants. 

Ne peut-on pas imaginer que des mesures incitatives favorisent les investisseurs qui accepteraient de s'orienter vers ces activités agro-pastorales ?

Cheikh Sané

 

Octobre 2004

Le désastre volant
Dans les médias occidentaux , l'information n'a guère duré plus d'une journée et sûrement pas à la une ! Le faux débat autour de la souhaitable adhésion de la Turquie à l'Union Européenne a eu plus de succès que les ravages des milliers de "sauteriaux" et surtout des "roses" qui à peine nés dévorent sans se laisser perturber par les tentatives d'extermination que l'homme avec peu de moyens essayent de leur infliger.

L'Afrique une nouvelle fois fait les frais de phénomènes naturels qui mériteraient d'importants efforts de recherche.

A. B.

Septembre 2004
Lettre à un ami français :

Non, le Sénégal n'est pas à la dérive !

Mon cher Dominique, je te remercie pour ta lettre postée à la veille de ton retour en france après le séjour de trois mois tourisme au Sénégal. Je reconnais que la description que tu me fais de ton voyage et des nombreuses régions visitées de Saint-Louis à Kafountine, en passant par Matam, Tamba et Kaolack, sans oublier Louga, Diourbel et Cayar, ne manque pas d'intérêt et témoigne de ton désir de bien connaître ce pays que tu dis tant aimer.

Ta conclusion est très dure car tu aboutis à une opinion très pessimiste sur la volonté des Sénégalais eux-mêmes de voir leur pays se développer et tu argumentes en donnant de très nombreux exemples de corruption, de démobilisation de la jeunesse et de pratiques désastreuses de la part aussi bien des responsables en place que des élites plus préoccupées d'après toi à utiliser la religion comme faire-valoir qu'à se dévouer pour leur pays.

Et bien, malgré tout ce que tu avances, je te le dis comme je le pense, tu te trompes ! Ton regard a été ébloui par des faits qui n'ont pas l'importance que tu leur donnes ! Aujourd'hui, le Sénégal est un pays moderne qui fait l'expérience de la Démocratie ; cette expérience peut donner l'impression d'un visage chaotique car c'est vrai qu'il y a tant à faire mais il me semble que c'est un passage obligé pour que le peuple retrouve demain le chemin de la confiance dans ses élites. Tu juges comme un occidental pressé qui oublie que le temps impose son rythme ! Mais, une fois cette phase de chaos passée, le Sénégal s'affirmera comme un pays phare dans l'Afrique de demain.

Cher Dominique, ne désespère pas ! Soit confiant ! Bien sûr notre génération n'aura sûrement pas le bonheur de connaître ce retour de l'Ordre sur le Désordre mais crois-moi, cela se fera ! Inch Allah !

Idrissa Ndiaye

Août 2004

Jeux olympiques :

une chance pour l'Afrique , un défi à relever !

Les Jeux olympiques 2004 d'Athènes s'annoncent avec le faste, les records, la jeunesse, les images et la spontanéité !

Bien que les sportifs africains choisissent souvent de s'entraîner en Europe où leurs conditions sont meilleures, ces Jeux Olympiques représentent une réelle opportunité de montrer un autre visage de nos pays : réussite, effort, jeunesse sans complexe, modernité, telles sont les valeurs que les jeunes Sénégalais seront fiers de vivre à travers la victoire de leurs héros olympiens.

Dans ce sens, les J.O. sont une chance car ils vont permettre d'oublier temporairement les images de la pauvreté, des périls climatiques et des insuffisances de moyens.

Souhaitons à nos athlètes de relever le défi et de rapporter à notre jeunesse les trophées qu'autrefois leurs prédécesseurs mettaient aux pieds de leurs empereurs !

Idrissa Ndiaye

 

Juillet 2004

Attention Danger
Pour les Européens, l'Afrique est encore synonyme d'aventure, de dépaysement et de vie facile sans souci d'argent ; en conséquence, partir c'est aussi le rêve d'une jouissance loin des difficultés de notre société de consommation.

De là à penser que l'on peut facilement travailler et vivre de son travail, et voilà de nombreux jeunes et moins jeunes s'imaginant qu'avec quelques compétences, il sera facile en Afrique de trouver un petit boulot et de bien vivre en profitant des bas prix locaux.

Pour faire passer le projet, rien de tel que d'y mettre une touche d'humanitaire qui donnera un atout supplémentaire à l'ensemble.

Et si en plus, une passion amoureuse s'ajoute au tableau pour lui donner ce côté éclatant et excitant, tout est réuni pour que l'engagement soit total.

Après quelques mois, et au fur et à mesure que les réserves financières diminuent et que les problèmes s'amoncèlent, les sentiments deviennent différents et les comportements changent. Parfois, on a ainsi la surprise de voir des individus apparemment psychologiquement équilibrés présenter des poussées de délire paranoïaque avec l'intervention de maraboutages divers.

Toute une faune d'Européens paumés se ruent ainsi sur l'Afrique, jeunes, moins jeunes, garçons, filles, hommes célibataires, femmes mariées désabusées et retraitées, et j'en passe, avec le phantasme de pouvoir réaliser une autre vie.

Au bout du chemin, il y aura le vide, parfois la rancoeur, rarement la joie, et toujours l'étonnement de nos amis africains, interloqués de voir tant de folie chez leurs cousins du Nord !

A. Bréant

Juin 2004

Retour sur certains fondamentaux
L'Histoire nous enseigne qu'il n'y a pas de développement sans stabilité, pas de stabilité sans travail, pas de travail sans développement, etc...

En se séparant de son premier ministre que d'aucuns pressentaient comme le dauphin, le président Wade a exercé la plénitude de son pouvoir qui est entre autres choses de choisir les gestionnaires de sa politique.

Mais le pouvoir éloigne des réalités locales et augmente la dépendance vis à vis des relais locaux. Le pouvoir se concentre naturellement dans le verbe et la parole et se retrouve lié aux capacités de l'administration de gérer avec équité, justice et tolérance.

Logiquement, on pourrait en déduire que le Président Wade a plus besoin à ses côtés d'administrateurs habiles gestionnaires du Bien Public que de politiciens surdoués aux idées géniales. Mais il est parfois posssible qu'un administrateur habile devienne un politicien génial et oublie de gérer le Bien Public. Et voilà pourquoi, il faut savoir recommencer ...

Comme dirait le proverbe (quand on traverse un marigot mieux vaut éviter de dire du mal du caïman), il n'y a rien de mieux que les fondamentaux pour vous remettre les pieds sur terre !

Que Dieu vous protège et n'oubliez pas d'arrêter de fumer !

A. Bréant

Mai 2004

Les enjeux de la coopération au développement
Actuellement la plupart des actions de développement local dans les pays africains passent par les activités de soutien et d'appui au développement des organisations non gouvernementales. Les Etats des pays africains ont progressivement perdus leur main mise sur le financement du développement dans la plupart des pays au sud du sahara. La complexité du sous développement et la mutation très rapide des sociétés humaines du fait des phénomènes de mondialisation économiques ont inhibé tous les efforts des gouvernements locaux et des organisations internationales.

Depuis deux décennies d'autres acteurs ont plus ou moins suppléé les Etats à travers leurs actions ; ce sont les associations dites de solidarité internationale. Mues par une volonté d'aider les peuples d'Afrique dans leurs existences quotidiennes la plupart de leurs actions sur le terrain tendent à promouvoir des activités pour l'amélioration des conditions de vie des populations de base à travers des actions. Bien qu'utiles voir même vitales pour les populations concernées leurs stratégies d'approche peuvent achopper face aux réalités locales à savoir :

" La précarité des conditions de vie des populations ,

" Les politiques des Etats arrimées aux exigences de l'économie de marché

" le manque d'équipement sde base

" Les systèmes sociaux basés généralement sur des croyances et pratiques en déphasage avec le monde moderne.

" Les conditions de financement des organismes européens et étrangers de développement local

" La corruption des autorités locales

Ces facteurs bloquent lourdement les objectifs des organismes de coopération au développement et même parfois faussent les règles du jeux qui doivent régir les rapports entres les différents partenaires. L'approche participative dans le cadre de la mise en place des projets de développement est souvent mal perçue par les partenaires. La volonté des uns d'aider et l' indisponibilité des autres à recevoir cette aide mettent les premières dans une situation de " messie " ou bien de porteurs de providence, quant aux autres, l'effort qui devrait être fourni pour recevoir cette aide demeure insignifiant par rapport à la résolution des problèmes.

Que les uns se prennent pour des bienfaiteurs c'est une chose, mais c'en est une autre que de vouloir, sur des modèles de développement exportés, impulser une dynamique de masse sans au préalable intégrer un certains nombres de paramètres d'ordre sociologique et économique.

Par exemple les autoroutes et les diverses infrastructures de bases qui existent dans les pays occidentaux ne sont pas recensées dans les pays d'Afrique noir. Les conditions de vie de tous les jours influent sur les activités économiques. Le caractère lent des procédures administratives est imputable à la qualité de service d'un Etat qui est très faible dans ses moyens ; cet aspect des choses peut se lire dans tous les domaines d'intervention étatique.

Incompétence humaine ou bien manque de moyens de travail ? la question est posée ; tout développement est soutenu par un effort collectif voir même un sacrifice.

Entre l'incompétence des uns, le manque de moyen des autres, la corruption et le manque d'éthique de certains, il est presque illusoire de concevoir un état d'avancement de la situation sociale des peuples africains. Dans ces tohu-bohus relationnels,quel comportement peut avoir une ONG de coopération et de solidarité internationale ? Bon nombre d'entre elles au bout d'un certain temps abdiquent en laissant les population livrées à leurs propre sort.

Peut-être bien, face à cela, une réflexion sur leurs modes d'intervention devrait être enclenchée avec les acteurs sur le terrain. En ce sens l'ONG " Chênes et baobabs - Solidarité avec le Sénégal ", en initiant le programme d'échange des acteurs sur les politiques et les modalités d'action en coopération au développement, veut résoudre cette question ou bien mettre les acteurs Nord et Sud sur la voie d'une coopération plus réfléchie et plus saine.

 

Mamadou Sokhna

Vice-président de Chênes et Baobabs

Avril 2004

Le rapport moral du Président de Chênes et Baobabs à l'occasion de l'assemblée générale du 27 mars 2004

Tout d'abord ce rapport moral que je vous présente se veut le reflet de l'activité de notre conseil d'administration et je voudrais ici remercier les membres qui ont participé aux différentes réunions de travail et les engagements qui se sont manifestés. Je les remercie aussi d'avoir supporté mes humeurs et mes impatiences pour lesquelles je sollicite toujours vos excuses.

Pour ne pas alourdir ce rapport moral, vous verrez dans le rapport d'activités, les points forts de nos actions en 2003 ; je vais me limiter à ce que je considère comme l'essentiel : les motifs d'espérer et de désespérer de notre conseil d'administration ;

Si aujourd'hui je vous relisais le rapport moral de l'année dernière, il n'y aurait pas grand-chose à reprendre car nous nous retrouvons aujourd'hui dans une situation comparable avec trois observations :

- le caractère même de notre association implique deux obligations : des moyens financiers que l'on voudrait sans cesse croissants et des compétences humaines que l'on souhaiterait toujours plus efficientes ; obtenir à un niveau optimal ces deux moyens d'action est toujours la préoccupation constante de notre bureau et le bilan d'une année c'est aussi le résultat des moyens matériels et humains que nous avons pu rassembler pour réaliser nos objectifs ;

- dans la réalisation des objectifs que nous nous sommes fixés avec les moyens obtenus , deux constats peuvent être faits :

* d'un côté, nous continuons à progresser sur le chemin que nous empruntons depuis bientôt 10 ans et nous avons aujourd'hui à notre actif de nombreuses actions de solidarité dont en particulier au centre international d'accueil et de formation de Nguekokh l'activité de soutien aux éleveurs de zébus de la zone de Nguekokh et la création d'un atelier de production artisanale pour les handicapés de Nguekokh ;

* de l'autre côté, nous avons toujours beaucoup de difficultés à organiser la gestion de notre activité et cela pour deux raisons principales : une absence d'implication des partenaires sénégalais d'une part, et , d'autre part, un certain degré de déficience du professionnalisme de nos collaborateurs. Cette difficulté à trouver des collaborateurs efficaces et compétents est aussi une conséquence de notre développement progressif : de petite association fondée sur le bénévolat nous sommes devenus une association gestionnaire de structures et de personnel ; bénéficiant essentiellement d'un financement des investissements nous peinons à réunir le financement d'un fonctionnement nécessaire à la réussite de nos projets d'où l'obligation, avec des moyens réduits, d'avoir recours aux aides de l'Etat, à des demi-mesures et à des paris quant à la qualité professionnelle des collaborateurs pressentis.

Cet aspect bipolaire de notre activité ne nous est pas spécifique et je pense que de nombreuses si ce n'est pas toutes les associations de solidarité internationale vivent d'une manière ou d'une autre cette ambiguïté : La solidarité est un mot qui a du mal à se traduire dans les faits. Nous voulons aider les populations défavorisées et nous ne trouvons pas toujours des partenaires et des collaborateurs à la hauteur des exigences morales qu'implique ce type d'activité ; cela n'est pas uniquement vrai au Sénégal mais en France même nous devons gérer ce genre de problèmes : tout se passe comme si le bénévolat était un luxe et l'intérêt personnel la motivation première de toute implication.

L'expérience nous apprend que la vie est un combat et qu'il faut savoir imposer ses objectifs contre les vents contraires ; dans ce combat, nous avons eu un certain nombre d'avancées en 2003 :

- le soutien renouvelé de nos partenaires en particulier le Ministère des Affaires Etrangères, le conseil général de l'Allier , les cinq communes partenaires du projet du Centre International d'Accueil et de Formation de Nguekokh à savoir Brugheas, Le Donjon, Domérat, Marcillat en Combraille et Saint-Yorre. Ces différents partenaires s'impliquent à des niveaux et selon des modalités différentes ; permettez-moi de souligner ici l'importance et la qualité des relations qui se sont noués avec les services du conseil général chargés de la coopération sous l'autorité de Jean-Jacques Rozier ; au-delà de l'aide financière, nous bénéficions auprès du service dirigé par Mme Chantal Baillet d'une disponibilité et d'une assistance remarquable.

- le soutien apporté par de nouveaux partenaires en particulier la Guilde Européenne du Raid et l'association Caisse des dépôts et consignations Tiers Monde

- l'implication de nombreux volontaires en particulier le travail remarquable effectué par le docteur Didier Flambeaux, vétérinaire, auprès des éleveurs de zébus ;

- le soutien financier des membres de notre association qui contribuent de façon significative à apporter des recettes à l'association, le dévouement de certains d'entre nous qui ne demandent pas le remboursement des frais occasionnés par leur engagement , tout cela fait chaud au cœur ;

- deux accords marqueront notre activité de 2003 : d'une part l'agrément agence de tourisme délivré par la commission préfectorale compétente et d'autre part la validation par les ministères de tutelle sénégalais du programme biannuel d'investissement pour 2004 et 2005 ; ces deux décisions étaient indispensables à la mise en place de nos actions et à notre crédibilité ; leur obtention en 2003 est une des grandes satisfactions que notre bureau a enregistré et cela grâce à une action d'équipe avec en particulier une très forte implication de Joseph Alexandre Mané.

La vraie difficulté qui hypothèque gravement la justification de notre existence a trait à l'articulation de notre action avec les acteurs locaux au Sénégal. Alors que les besoins sont immenses, alors que nous sommes en contact avec de nombreuses personnes sénégalaises de qualité , l'importance de filtres sociologiques, l'existence d'une corruption endémique, l'existence d'un type de relation au Blanc qui en fait " un toubab captif " dans l'impossibilité de s'ouvrir à des relations plus authentiques, la peur et la méfiance qui existent dans les relations entre Sénégalais, tout cela gêne énormément notre capacité d'action au point de susciter des doutes quant à la capacité d'une petite association de résoudre ce genre de problèmes surtout si elle veut pas emprunter le chemin d'associations nationales qui ont adopté un mode de fonctionnement néo-colonialiste fondé sur un assistanat pudiquement dénommé " coopération technique ".

Le débat sur l'activité pour 2004 permettra, tout à l'heure, à l'assemblée de se positionner sur ce que nous devons faire mais il est clair que je souhaitais que vous soyez clairement informés des réalités vécues, des satisfactions mais aussi des difficultés.

Alain Bréant

Président de Chênes et Baobabs

 

Février 2004

Une "nouvelle laïcité" incomprise du Monde
Jusqu'à maintenant la France apparaissait aux yeux du Monde entier comme un pays tolérant, ouvert aux différentes pratiques religieuses et en particulier à l'islam. C'était le propre du caractère laïque de notre République. Deux événements et une probabilité bouleversent actuellement cette image de la République Française :

- la volonté du pouvoir de faire passer à tout prix et pour des raisons politiciennes une loi interdisant le port du voile islamique,

- la multiplication des attentats antisémites suite à la dérive de l'antisionisme vers l'antisémitisme,

et

- la forte probabilité de la prise de contrôle de plusieurs régions par le Front National lors des prochaines élections régionales,

changent profondément la perception que les intellectuels étrangers avaient de ce pays.

Le pays de la laïcité, c'est à dire de la tolérance et du respect de l'autre, devient progressivement le pays de l'intolérance aux multiples visages. Cette évolution perceptible depuis plusieurs années est manifestement une tendance "lourde" qui ne peut qu'inquiéter tous les fervents défenseurs de cette spécificité française aujourd'hui en voie de dépérissement.

Honte, trois fois honte !

Alain Bréant

Janvier 2004

Vivre avec la folie humaine
 

2004 est là ! Réalité banale qu'impose le rouleau compresseur du Temps !

Hier, pourtant, c'était tellement loin, presque inimaginable !

Et, la réalité s'impose de plus en plus comme une évidence. Les Hommes sont fous, imperméables à toutes les logiques qu'ils brandissent comme des étendards. Pulsions, mécanismes hilarants, délires, hallucinations diverses, tels sont les productions les plus intéressantes de l'espèce humaine. Les Hommes sont fous, et nous avec, d'imaginer la Paix et l'Amour parmi les Hommes ! Fous de croire que la violence leur est étrangère ! Fous de rêver à un monde meilleur ! Fous d'imaginer la Fraternité !

Ainsi sommes nous !

Isidore Kochna

Décembre 2003

L'aide au développement à l'aune de la géopolitique

Les deux principales motivations de l'existence de ce site et de l'activité associative de l'association Chênes et Baobabs sont d'une part le soutien des initiatives locales de développement économique au Sénégal et d'autre part la multiplication des échanges culturels entre l'Europe et le Sénégal dans un esprit de respect mutuel et de fraternité.

La réalité que nous vivons et les initiatives que nous prenons, doivent aussi s'entendre dans un contexte mondial dans lequel la France cherche à faire prévaloir ses intérêts de puissance moyenne.

Les journaux sénégalais ne cachent pas les divergences qui semblent se manifester entre les présidents Wade et Chirac ; ce dernier est de plus en plus présenté comme "interventionniste".

Il est difficile de notre place de pouvoir apprécier objectivement le bien-fondé des analyses des uns et des autres ; il est clair cependant que, si on reconnaît aux Africains le droit d'être les décideurs de leur avenir, la présence militaire française est de plus en plus incompréhensible aussi bien au Sénégal que dans le reste de l'Afrique.

Bien sûr, la géopolitique est là pour rappeler que si la France se désengage militairement, d'autres grandes puissances prendront la place.

Le pari de l'aide au développement a come objectif de réaliser l'autosuffisance et d'accélérer le développement; cela ne pourra se faire que si les Africains possèdent l'ensemble des pouvoirs décisionnels qui conditionnent leur avenir. Aujourd'hui, l'influence des grandes puissances, y compris la France, peut être vécue sur certains de ses aspects comme une entrave à l'exercice de leurs responsabilités.

Alain Bréant

Réagissez à l'édito
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Anciens éditos : Novembre 2003, Octobre 2003, Septembre 2003, août 2003, juillet 2003, juin 2003, mai 2003, avril 2003, mars 2003, février 2003, décembre 2002, novembre 2002, octobre 2002, septembre 2002, août 2002, juillet 2002, juin 2002, Mai 2002, Avril 2002, Mars 2002, Février 2002, Janvier 2002, Décembre 2001, Novembre 2001, Octobre 2001, Septembre 2001, Août 2001, Juillet 2001, Juin 2001, Mai 2001, Avril 2001, Mars 2001, Février 2001, Janvier 2001, Décembre 2000, Novembre 2000, Octobre 2000, Septembre 2000, Août 2000, Juillet 2000, Juin 2000, Mai 2000, Avril 2000, Mars, Février, Janvier 2000, Décembre 99, Novembre, Octobre, Septembre, Août, Juillet, Juin, Mai , Avril, Mars, Février 99

 

Novembre 2003

Foi et responsabilité

En cette période de Ramadan, de fin de règne papal, de conflits mondiaux à connotation religieuse et de polémique franco-française sur le foulard, est-il possible d'avoir une pensée claire et sereine sur l'implication de la foi dans les processus de guerre et de paix ?

Est-ce que la foi religieuse est la cause des guerres ou ne serait-elle pas plutôt un prétexte pour l'extériorisation des instincts guerrriers qui sommeillent dans tout être humain et surtout dans tout groupe humain suffisamment structuré.

La force de la foi islamique c'est d'avoir su conserver le respect de certaines valeurs morales que l'Occident piétine allègrement dans sa course effrènée à la consommation des biens matériels. Pour cela, elle mérite respect et considération.

Il serait dommage qu'une lecture trop sectaire du Coran entraîne une réaction de rejet, elle-même source de conflits.

Construire la paix suppose une retenue, une responsabilisation des opinions et la prise en compte des réelles difficultés d'existence des masses laborieuses.

Espérons que dans cete période de méditation sur l'irrationalité de notre existence , chacun regarde vers l'essentiel et accepte de tolérer ce qui est essentiel pour l'autre. Peut-être qu'ainsi , le chemin de la Paix sera-t-il plus facile à emprunter.

Alain Bréant

PS : des réactions significatives m'invitent à continuer à alimenter cette page ! je compte sur vous pour y participer aussi.

 

Octobre 2003

Fin des édito mensuels ?

Animer un site est une expérience difficile pour un non professionnel bénévole ; la recherche de l'interactivité a toujours été notre préoccupation et c'est pour essayer de favoriser la réactivité des internautes que cette pratique des édito a été instituée. Aujourd'hui, la question se pose : faut-il continuer ?

Personnellement j'aurai tendance à répondre "NON".

Alain Bréant

 

Septembre 2003

Réussir son "dépaysement"
De nombreux jeunes Européens, pour de nombreuses raisons, souhaitent quitter leur "pays" pour s'installer en Afrique. Contrairement à ceux des générations précédentes qui avaient souvent envie de "faire de l'argent" , leurs motivations semblent plus liées à la volonté de retrouver une qualité de vie qu'ils pensent de ne pas pouvoir trouver en Europe. L'Afrique est pour eux synonyme de convivialité, de chaleur humaine, d'authenticité et de valeurs morales.

Bien que ce genre de démarche soit louable, elle se termine souvent de façon dramatique et le retour au bercail s'accompagne toujours de blessures intimes difficilement cicatrisables.

Il est difficile de lister toutes les conditions nécessaires à la réussite d'un tel "dépaysement" mais il est impératif d'attirer l'attention de cette jeunesse sur ce qui pourrait constituer les conditions basiques de la faisabilité d'une telle implantation ; trois préalables apparaissent incontournables :

- comprendre son propre désir de fuite,

- apprécier sa propre capacité à vivre dans une solitude culturelle ,

- estimer la réelle capacité d'accueil du milieu dans lequel on se destine.

Si ces trois préalables peuvent être validés, il est possible d'envisager une période d'essai d'implantation de 6 mois à deux ans, à l'issue de laquelle la faisabilité de ce dépaysement sera beaucoup plus objectivement perçu et l'échec, s'il devait avoir lieu, beaucoup mieux compris.

A. Bréant

 

Août 2003

Les castes, une réalité à ne pas oublier
La société sénégalaise comporte plusieurs ethnies qui, par tradition et de façon plus ou moins complexe, ont un système de structuration sociale basée sur l'existence de castes. De façon schématique, on distingue les individus selon qu'ils sont "castés" ou "non catés" ; les castés appartiennent à des castes qui autrefois possédaient des liens de dépendance vis à vis des non castés. Cette réalité sociologique aurait tendandance à disparaître, en particulier dans la population des jeunes urbains, mais elle n'en demeure pas moins une réalité implicite dans de nombreux secteurs de la population et peut expliquer des difficultés de communication. La question que peut se poser l'observateur étranger est de savoir comment la respecter en tant qu'entité culturelle tout en essayant de la dépasser si elle constitue un frein dans la prise de responsabilités. C'est une question difficile et je sollicite les lecteurs africains de cet édito pour tenter d'approcher la ou les réponse(s) appropriée(s).

A. Bréant

Juillet 2003

La fuite des cerveaux des PVD vers les Pays du G8 :

Hypocrisie et Laxisme

La fin de l’année 2002 a vu plusieurs réunions internationales se pencher sur le problème de la fuite des cerveaux africains vers les pays du G8. La France, spoliatrice de tant de talents africains, s’émeut aussi de voir ses cerveaux prendre la route des grandes institutions scientifiques américaines. Les Etats africains, confrontés à des manifestations sporadiques, semblent impuissants.

Que penser, que dire, que faire ? D’abord, il y a le malaise. Comment ne pas penser que toute cette intelligence ne profitera jamais aux pays qui en ont le plus besoin. La diaspora, même si elle a un impact économique non négligeable, est une saignée irrémédiable pour la vitalité des pays d’origine.

Ensuite, il y a le haut le cœur devant l’hypocrisie des pays riches : immigration refoulée pour les sans grades, accueil facilité pour les diplômés recherchés !

Et puis, il y a l’inconscience et le laxisme de certains responsables politiques africains qui feignent d’oublier que cette fuite de cerveaux est aussi due à leur propre responsabilité.

Pour chaque PVD, deux variables s’affrontent dans cette blessure de l’âme africaine :

le Taux de Capacité de Spoliation Intellectuelle des Pays du G8 qui dépend de plusieurs facteurs comme l'acceptabilité des transfuges, le niveau de vie espéré et le rapport colonial,

et le Taux de Résistance à la Spoliation Intellectuelle du PVD qui résulte de l'indice de stabilité politique du PVD , de l’efficacité des structures administratives, de la réalité de la séparation des pouvoirs et de l'indice de liberté de circulation des personnes et des biens .

Il est clair que seule une entente des Pays du G8 et des PVD sur des bases claires et responsables, pourrait colmater cette fuite aux effets si néfastes.

Alain Bréant

 

Juin 2003

Fodé Syla, le Togo et la crédibilité
En acceptant de cautionner par sa présence un processus électoral maquillé, Fodé Syla a surpris bon nombre de défenseurs des droits de l'Homme et de la démocratie. Alors que le parlement européen lui-même reconnaît que les conditions d'un vote libre ne sont pas réunies au Togo où le président sortant Eyadéma a manifestement orchestré des élections présidentielles truquées, Fodé Syla, député européen, élu sur la liste du Parti communiste, se comporte comme un illusionniste qui accepte de fermer les yeux sur des atteintes répétées à la liberté d'expression. On peut aussi se poser laquestion du double langage du gouvernement français, qui, quand cela l'arrange, tient le langage de la vertu démocratique pour soutenir aujourd'hui le dictateur togolais. Quelle crédibilité peut-on avoir dans des hommes aux discours aussi multiformes ?

Alain Bréant

Mai 2003

Enjeux globaux : une affaire Nord - Sud ?
Dans les réunions parisiennes d'échanges et de débats sur les questions de solidarité internationale, des enjeux globaux de développement sont de plus en plus au centre des discussions. Les opérateurs de développement se sentent enfin porteurs de discours et de réflexions issus de différents forums mondiaux, et viennent les alimenter de leurs expériences de terrain, tout comme ils questionnent leur pratiques au regard de problématiques plus larges.

Mais ce qui frappe le plus dans ces réunions, c'est l'absence totale d'acteurs du Sud, comme s'ils n'avaient pas voix au chapitre sur ce type de débats, comme s'ils n'étaient pas légitimes pour se positionner sur ces questions.

C'est d'autant plus inquiétant au regard de la nouvelle donne qui se dessine dans le milieu de la solidarité internationale. On a longtemps séparé les acteurs suivant leurs domaines d'intervention, urgentistes ou ONG de développement. Il semblerait que le clivage soit aujourd'hui bien différent, mais surtout beaucoup plus marqué. D'un côté, les opérateurs de terrain, et de l'autre des structures qui ont pour but de porter un discours revendicatif sur les questions de solidarité internationale, essentiellement au Nord. Les points de vue ont dangereusement tendance à se radicaliser des deux côtés, et des situations critiques ont été atteintes sur un certain nombre de questions. Le Forum Social Mondial de Porto Allegre, puis le Forum Mondial de l'Eau de Kyoto en ont été une éclatante démonstration.

Les enjeux globaux de développement se retrouvent donc au centre de tous les débats, oui, mais de débats souvent à la limite du passionnel, au Nord, entre acteurs du Nord, ce qui les place parfois bien loin de la réalité de terrain… Le lien local global devient un vœu pieu, une vue de l'esprit dont on essaie de se convaincre.

La question de la privatisation du service de l'eau en Afrique en est un douloureux exemple. D'un côté, certains opérateurs privés défendant cette position avec ardeur, de l'autre des associations du Nord la critiquant à tout prix, en généralisant à outrance des situations comme celle de Cochabamba. Mais les populations du Sud, qu'en pensent-elles ?

Difficile de répondre à une telle question, tout simplement parce que cela dépend. Du contexte culturel local. De la situation économique. Mais surtout de la qualité du service de l'eau traditionnel et de ses opportunités d'évolution. Ce qui importe avant tout à une assemblée d'usagers de forage du Fouta au Sénégal, ce n'est pas tant de savoir si la gestion de l'eau va être assurée par un comité villageois ou par la Sénégalaise des Eaux, mais plutôt de prendre toutes les garanties pour améliorer le service de l'eau. Cela doit parfois passer par un opérateur privé et compétent. Parfois non. L'enjeu n'est pas là. Alors pourquoi cristalliser notre débat là dessus, sur des questions de principe déconnectées de la réalité des préoccupations locales ?

Une véritable écoute de nos partenaires du sud résoudrait nombre de problèmes, et permettrait de réfléchir sur des enjeux réels et pertinents. Ingénieurs Sans Frontières va convier des acteurs du Sud à ses journées nationales en novembre 2003, pour réfléchir ensemble à la question du partenariat.

Cette prise en compte des enjeux à l'échelle de la planète sur les problématiques de développement local restera sans doute comme une avancée majeure dans les pratiques de ces dix dernières années. Reste à faire l'effort d'une réelle concertation Nord - Sud pour qu'elle trouve toute sa pertinence.

Stéphane LEBRE

Vice-Président d'Ingénieurs Sans Frontières - France

Ancien volontaire au CIAF de Nguékokh (Juillet - Septembre 2002)

Avril 2003

L'exigence humanitaire face aux contraintes guerrières
Il est très difficile pour une organisation humanitaire de s'impliquer dans un conflit même si, en qualité de citoyens du monde, ses membres peuvent avoir une opinion bien tranchée. La guerre d'Irak avec ses "dégâts collatéraux" qui affectent d'innocentes victimes civiles ne peut laisser indifférent. La disponibilité des organisations humanitaires qui souhaitent pouvoir s'investir pour secourir les populations en souffrance se heurte aux impératifs des troupes qui pour de multiples raisons ne souhaitent pas voir intervenir sur le champ de bataille des acteurs qui pourraient les "gêner". Que faire ? Protester comme l'a fait Médecins Sans Frontières, attendre et accepter le délai comme l'a fait la Croix Rouge ? Ce qui est sûr, c'est que les besoins sont urgents et considérables et qu'il faudrait sûrement une intervention de l'ONU pour exiger et sécuriser des corridors humanitaires qui permettent d'accéder aux populations en détresse. Outre la caution internationale, ce serait sûrement un bon moyen de redonner une certaine crédibilité à une organisation qui a malheureusement fait la preuve de son impuissance à prévenir le conflit international majeur que constitue cette possible 3è guerre mondiale.

Alain Bréant

 

Mars 2003

Le mythe du "Retour aux origines"
Le sous-développement de l'Afrique justifie la recherche des causalités et des solutions. Pour un certain nombre d'amis africains, une des causes, si ce n'est la principale, du sous-développement est à rechercher dans "la main étrangère" qui, depuis des siècles, serait coupable d'avoir volontairement freiné le développement et l'épanouissement de la nation africaine. Tout ce qui est étranger ou vient de l'étranger peut alors être taxé de suspicion et justifier un rejet.

Le corollaire de cette explication est la nécessité de tout faire pour retrouver les spécificités, les valeurs et la force de l'Africanité telles qu'elles se retrouvent dans la tradition. Ce retour nécessaire aux origines est ainsi présenté comme la Solution indispensable au renouveau de l'Afrique.

Que dire de ce qui pourrait apparaître comme un mythe simplificateur et commode pour nier les responsabilités d'un peuple incapable de transcender ses oppositions internes ?

A la veille du nouvel an islamique, souhaitons que des femmes et des hommes, riches de leur intelligence et de leur volonté de s'investir pour leurs pays, ne succombent pas à la tentation d'un mythe et retrouvent l'espoir dans une nouvelle modernité.

Alain Bréant

Février 2003

Vous avez dit : volontaire bénévole ?
L'expérience de quelques années au service de "Chênes et Baobabs - Solidarité Bourbonnais Sénégal" m'incite à attirer l'attention sur des ambiguïtés liées à l'engagement des volontaires bénévoles dans l'action humanitaire et l'aide au développement.

Les facilités accordées par l'Etat français à l'engagement de "volontaires bénévoles", la recherche de solutions d'emplois dans les pays du Sud et les intérêts personnels ont tendance à favoriser des mentalités particulières qui semblent oublier un certain nombre de principes :

- l'action humanitaire exige un financement ,

- ce financement provient soit des donateurs privés, soit des subventions obtenues auprès des collectivités publiques du Nord,

- ce financement doit être affecté en priorité aux actions locales humanitaires ou d'aide au développement,

- le volontaire bénévole doit savoir que même si certaines aides de l'état ou si une partie du financement d'un projet peuvent être utilisées pour prendre en charge certaines dépenses, il devra malgré tout faire un apport personnel et cela pour deux raisons :

* d'une part il n'est pas souhaitable que la coopération des fonctionnaires telle qu'elle a été conçue par les Etats colonialistes soit dupliquée par les ONG (malheureusement c'est encore le cas !),

* d'autre part, voir un "volontaire bénévole" européen percevoir une "indemnité" égale à un salaire de cadre africain est proprement scandaleux (malheureusement c'est encore le cas !) ; mieux vaudrait embaucher un jeune africain !

- dans l'énorme distorsion entre le Nord et le Sud, l'engagement humanitaire et le volontariat supposent un don de soi et un sacrifice personnel ; ils ne sont pas destinés à satisfaire les intérêts personnels de petits-bourgeois qui recherchent un "dépaysement" fusse au prix d'un transfert de savoirs !

- le volontariat et le bénévolat ne concernent pas seulement les gens du Nord ; il existe dans les pays du Sud des possibilités d'engagement solidaire de la part de personnes socialement privilégiées et il est méritoire qu'il en existe qui fasse cette démarche ; mais là aussi, ne confondons pas les êtres sincères et désintéressés des "rapaces" qui voient les ONG comme une source facile de petits profits.

Voir "le volontariat bénévole" dériver vers un détournement du financement de l'action humanitaire et de l'aide au dévelopement est un des éléments qui alimentent une réalité décevante : l'aide des pays développés aux pays en voie de développement est pour le moins ambiguë !

 

Janvier 2003

Pas d'édito
 

Décembre 2002

Le SIDA : UNE URGENCE POUR SAUVER L'AFRIQUE
A l'occasion de cette journée mondiale sur le SIDA, on ne dira jamais assez combien l'Afrique souffre de cette épidémie. Chacun connaît les millions de morts qui affectent toutes les couches de la société et en particulier la jeunesse, c'est à dire l'avenir de ces pays. Les solutions sont connues et pourtant elles tardent à se mettrent en oeuvre : le Monde occidental est plus préoccupé de préserver sa richesse économique et son armement pour véritablement permettre aux états africains de garantir un niveau de vie décent et une prise en charge médicale des populations.

Dans ces conditions, et à notre modeste niveau, nous sommes fiers de voir que les responsables sénégalais de "Chênes et Baobabs - Solidarité Bourbonnais Sénégal" et en particulier Emmanuel Sarr, le directeur, aient consacrés la journée du 1er décembre à mobiliser la jeunesse sénégalaise pour la sensibiliser aux risques de la contamination.

De même, l'élaboration du projet de Centre de Dépistage Anonyme et Gratuit des MST/SIDA de Mbour répond à cette préoccupation. Espérons que les co-financeurs potentiels seront sensibles à notre proposition et que celle-ci en 2003 pourra être mise en oeuvre.

Dr Alain Bréant

 

Novembre 2002

Les vieux démons toujours présents
A la veille du mois de Ramadan, mois pendant lequel les prières seront décuplées pour demander au Tout Puissant sa miséricorde, force est de constater que les errements du passé, avec au premier plan le recours à la violence, sont toujours d'actualité.

L'Afrique si fragile, les peuples d'Afrique si maltraités, et toujours ces appels à la haine et à l'extermination de l'autre, de la part de factions armées plus ou moins manipulées par des intérêts personnels.

La vie ne vaut rien à leurs yeux et rien ne s'oppose à leurs funestes appétits.

Que faire ? que penser ?

Prier, Espérer, toujours Espérer que l'inacceptable sera enfin atteint et que l'ébauche de l'Unité Africaine se consolidera, se fortifiera et se donnera les moyens d'être le socle d'un Etat confédéral Africain capable de s'opposer par ses propres moyens et sans intervention étrangère, à toutes les tentatives de déstabilisation fondées sur le banditisme organisé.

In Cha Allah !

Amidou Gueye

 

Octobre 2002

La leçon d'une catastrophe
Le naufrage du Jolaa a apporté pour de nombreuses familles sénégalaises et françaises deuil et consternation. Pour toutes, nous présentons nos sincères et affligées condoléances et nous nous recueillons avec tristesse pour qu'elles trouvent la force de surmonter leurs peines.

Pour le Sénégal, tout entier, cette catastrophe mériterait de servir d'électrochoc pour que l'Etat prenne enfin la mesure de ses responsabilités en matière de sécurisation des transports. Il serait indispensable qu'un plan d'urgence soit mis en place pour remédier aux difficultés de tous ordres qui entravent la liberté de circulation des personnes et des biens ; il en va de la crédibilité de l'Etat !

Sans une reprise en main des services concernés et la mise sur pied d'un effort national, le risque de voir le peuple se révolter contre ses institutions risquerait de mettre en péril les efforts faits pour assurer la démocratie et favoriser le développement.

Alain Bréant

 

Septembre 2002

Un "mauvais" hivernage
Le déficit pluviométrique constaté au Sénégal durant cette période de juin à août 2002 aggrave la situation agricole de façon dramatique. Alors que l'hivernage est tant attendue par les populations rurales qui espèrent chaque année pouvoir reconstituer des réserves suffisantes pour endurer la sécheresse, les pluies sont arrivées avec un retard de plus d'un mois. L'aide internationale a été sollicitée par le gouvernement pour permettre d'apporter la nourriture nécessaire à la survie du cheptel et de compenser les médiocres récoltes qui s'annoncent.

Alors que l'Europe subit les conséquences des inondations qui détruisent les infrastructures, l'Afrique se trouve confrontée à une pénurie de pluies qui elle aussi se révèle destructrice du milieu naturel.

Ces perturbations climatiques que d'aucuns attribuent au réchauffement de l'atmosphère terrestre rendent encore plus urgentes des mesures mondiales de sauvegarde de l'environnement.

Espérons qu'à Johannesburg, les représentants des Etats feront mieux qu'ergoter sur la nature des mesures à prendre.

A. B.

 

Août 2002

Un acte symbolique fort : un groupe des Eclaireurs et Eclaireuses Israelites de France en chantier au CIAF de Nguekokh
En faisant la démarche de proposer de participer à un chantier au centre international d'accueil et de formation de Nguekokh, Héloïse Dahan, responsable de la troupe Golda Meir de la banche Perspective des Eclaireurs et Eclaireuses Israelites de France de Paris XVè, a accompli un geste d'une portée symbolique qui dépasse la dimension du traditionnel camp scout de l'été. Avec l'appui des responsables du mouvement et des parents, cette initiative peut être interprétée comme un pas en avant dans l'entente, la compréhension mutuelle et le respect des communautés religieuses. A ce titre, nous sommes fiers de pouvoir contribuer à ces échanges et de tout faire pour que cette mission soit un vrai bonheur.

Dr Alain Bréant

Responsable du CIAF de Nguekokh

Alain Bréant

 

Juillet 2002

Vive la générosité de la jeunesse
Avec les vacances d'été, les jeunes peuvent un peu oublier le stress de la problématique de leur avenir professionnel pour se consacrer à des questions plus fondamentales comme celles qui nous préoccupent : les relations Nord-sud, l'aide au développement, la compréhension d'autres cultures, etc.

C'est ainsi que certains envisagent de nous rejoindre et de s'intéresser à notre démarche. A ce jour, 15 jeunes, filles et garçons, ont décider de consacrer une partie de leurs vacances pour se rendre à Nguekokh, au Centre International d'Accueil et de Formation, et participer à leurs manières à l'aventure d'un autre regard qui renvoie à cette citation de PROUST, dans "A la recherche du temps perdu" :

"Le seul véritable voyage n'est pas d'aller vers d'autres paysages, mais d'avoir d'autres yeux"

Cette générosité fait chaud au coeur et téoigne, si c'était nécessaire, qu'il y a dans cette jeunesse éternelle une constante universelle qui rassure.

Que tous ces jeunes trouvent ici témoignage de notre reconnaissance.

Alain Bréant

Juin 2002

Du foot-ball comme un ferment pour la fraternité universelle !
Les êtres humains ont un besoin viscéral, cosubstantiel de s'identifier à un groupe, à une collectivité qui les justifie et les rassure. Que ce soit par l'intermédiaire de la famille ou de la tribu, ce lien se retrouve depuis l'origine des temps.

Avec l'évolution des sociétés, soumis aux contraintes économiques, l'individu s'est trouvé d'autres structures identitaires : les groupes religieux, la nation, le groupe ethique ont joué et jouent encore ce rôle.

Aujourd'hui, avec l'agrandissement du champ du regard par l'utilisation des techniques audiovisuelles et les échanges internationaux dans un monde modélisé anglo-saxon, les adeptes du sport en général et du foot-ball en particulier constituent de plus en plus un groupe sociétal mondial dans lequel les champions acquièrent et se voient reconnaître un statut d'élite.

Dans ces grands rendez-vous mondiaux, la communauté sportive est rejointe par des millions de nouveaux adeptes prêts à se prosterner devant ses nouveaux dieux et à fraterniser avec le voisin jusque là inconnu.

Magie du sport qui a su se ressourcer dans les archaïsmes de l'espèce.

Jean Fontaine

 

Mai 2002

Dur, dur d'être Français !
Ce qui paraissait inimaginable, au pire marginal, il y a quelques semaines est devenu réalité : la France n'est plus le pays de l'Humanisme et des droits universels de l'Homme !

Pour le Monde entier, la France et bientôt l'Europe entière ne seront plus synonymes de tolérance, d'accueil et de fraternité !

Il faudra des années pour tenter de reconstruire, pour essayer de réinventer les conditions de la sociabilité acceptée !

Dur travail pour une nouvelle génération qui était loin d'imaginer que la gravité de son futur s'imposerait à elle à l'aube de ce nouveau millénaire !

Triste échec de la Démocratie qui à force de se vouloir tolérante en est venue à tolérer l'intolérable et à offrir un tapis rouge à son pire ennemi .

Triste France qui, à force de se poser en modèle, a oublié ses propres devoirs !

Gémissons, gémissons, gémissons, mais espérons !

Alain Bréant

 

Avril 2002

Amnesty International et les droits de l'homme au Sénégal
La situation en Casamance, au-delà de la problématique d'une violence chronique, entretient un malaise quand au non-respect (?) des droits de l'homme au Sénégal dénoncé par Amnesty International. Des questions se posent :

- les droits de l'homme justifient-ils le recours au pillage et au meurtre ?

- les droits de l'homme doivent-ils permettre que l'on bafoue les élections démocratiques d'un Etat de droit ?

Si les droits de l'homme permettent à des agitateurs d'utiliser la liberté d'expression pour déstabiliser une région, à quoi servent-ils si ce n'est à entretenir la guerre et l'insécurité ?

Jusqu'à preuve du contraire, le Sénégal autorise la liberté d'expression et l'organisation d'élections libres, alors pourquoi faudrait-il défendre ceux qui se mettent d'eux-mêmes hors-la-loi ?

Dans ces conditions, comment s'étonner que des exactions injustifiées soient commises par des militaires exaspérés de jouer les cibles vivantes d'un terrorisme aveugle ?

Chacun sait que le conflit Casamançais puise ses origines dans un état de fait compliqué dans lequel les arguments autonomistes ne sont vraisemblablement pas déterminants. Pourquoi ce qui est reconnu à l'Etat Espagnol en lutte contre le terrorisme basque serait contesté à l'Etat sénégalais ?

Il n'y a pas d'exemple de développement sans l'existence d'un Etat fort et respecté ; Amnesty international souhaite-t-il maintenir le Sénégal dans le sous-développement et la misère qui permettent aux terroristes casamançais de continuer leurs actions de déstabilisation, le pillage systématique des rares richesses locales et la réalisation de fortunes destructrices fondées sur la culture illicite du cannabis ?

François Diatta

Mars 2002

Le Sénégal et la corruption
L'avènement du nouveau régime avait laissé espérer qu'une nouvelle ère s'ouvrirait dans laquelle les conditions d'une plus grande transparence assurerait une diminution des pratiques de corruption quotidienne au niveau de l'Etat sénégalais.

Force est de constater qu'il n'en est rien et que les bonnes vieilles pratiques d'un Etat de non-droit perdurent. Cette corruption chronique semble très bien acceptée, tellement elle fait partie du paysage sociologique sénégalais.

Ce qui est le plus révoltant dans cet état de fait, c'est l'inconscience collective des méfaits de la corruption sur la dynamique du développement et sur les moyens d'intervention de l'Etat.

Tant que rien ne sera véritablement fait pour lutter contre ce cancer, il est sûr que la corruption continuera à être la première cause du sous-développement et rien ne pourra être véritablement entrepris tant qu'il n'y sera pas remédié.

Ousmane Ngueye

 

Février 2002

Porto-Allegre : un espoir pour le Monde,

un prix à payer pour l'Occident

A petits pas, l'opinion publique mondiale prend conscience que la mondialisation libérale de l'économie n'est pas une fatalité. Un autre modèle est possible pour essayer d'enrayer la dynamique infernale du sous-développement et de la pauvreté avec toutes les misères humaines que cela entraine.

Ce rééquilibrage souhaitable des échanges a cependant un prix qui n'est pas toujours explicité auprès des opinions publiques occidentales.

Pour favoriser l'expansion des économies des pays du Sud, il est indispensable que les gouverrnements occidentaux acceptent d'une part de réviser la situation prédominante des entreprises occidentales et d'autre part permettent l'accès des productions locales des pays pauvres aux consommateurs du Nord à des conditions privilégiées par rapport aux lois du marché. Dans ces conditions, il est certain que le haut niveau de vie des pays riches ne pourra pas être continuellement maintenu.

Il serait, dans ces conditions, logique que les grands leaders d'opinion (tel josé Bové) qui défendent, à juste titre, la réquilibrage des échanges, sensibilisent l'opinion publique occidentale à la nécessité d'accepter des sacrifices, en particulier dans le domaine social et dans le train de vie des Etats.

A.B.

 

Janvier 2002

Senghor, le mal aimé ?
Les réactions sénégalaises au décès du poète-président que l'on peut lire sur les différents forums des sites consacrés au Sénégal peuvent susciter un certain malaise. En dehors des témoignages élogieux, un certain nombre de Sénégalais émettent des reproches parfois très agressifs dans lesquels plusieurs réserves sont émises sur son passé politique et sur son engagement dans la francophonie.

Il n'est pas dans mon propos de rentrer dans les polémiques sur le bien fondé éventuel de ces critiques et je laisserais les historiens fairent leur oeuvre pour établir la "vérité des faits".

Force est de constater que les difficultés qu'éprouvent les forces vives de la nation sénégalaise pour se rassembler autour d'une de ses figures nationales mériteraient sans doute qu'on y réfléchisse et qu'on s'en préoccupe.

A. B.

Décembre 2001

2001, une année bien remplie pour "Chênes et Baobabs"
La fin de l'année approche et avant de penser à ce qui nous attend en 2002, je voudrais dresser un premier bilan. Un bilan s'exprime en chiffres, en observations et en enseignements.

En terme de chiffres :

- Plus de 200 000 FF ont été investis dans nos différents projets dont près de 180 000 FF pour le centre international d'accueil et de formation de Nguekokh ;

- Une cinquantaine de Français et un Canadien ont participé directement et bénévolement à nos activités au Sénégal ;

- Nous avons accueilli ou participé à l'accueil en France de trois délégations sénégalaises de trois régions différentes du Sénégal dont une délégation d'enseignants et de collégiens de Nguekokh ;

- Quatre réunions ont marqué le fonctionnement du centre international d'accueil et de formation de Nguekokh : une formation de trois semaines au français pour adultes, une formation de trois semaines à l'outil informatique, une journée d'études sur la coopération décentralisée franco-sénégalaise et un séminaire de 5 jours sur la médecine traditionnelle africaine.

En terme d'observations :

- Notre projet principal, le centre international d'accueil et de formation de Nguekokh, a beaucoup avancé en 2001 aussi bien dans la construction que dans les perspectives grâce à l'annonce du soutien du Ministère des Affaires Etrangères - service de la coopération avec les ONG ; il apparaît de plus en plus crédible et riche d'espoir pour le développement local ; une des raisons de ces avancées réside dans les qualités humaines de nos correspondants sénégalais, Joseph-Alexandre Mané et Assane Ndione.

- Chênes et Baobabs joue pleinement son rôle dans le développement des échanges entre le Sénégal et la France (en général) et l'Allier en particulier ; notre expérience et notre savoir-faire nous permettent d'être considérée comme une association "ressources".

En terme d'enseignements :

- Rien n'aurait pu être fait sans le bénévolat ; nous avons bénéficié de la force de travail, de l'intelligence et de la gentillesse de nombreux bénévoles qui ont accepté de donner leur temps et leur argent ;

- notre niveau de développement nous impose d'imaginer d'autres formes de fonctionnement si nous voulons améliorer nos interventions ;

- les difficultés sont immenses et il faut que ceux qui s'engagent sachent que les problèmes, les contraintes et les sacrifices sont monnaie courante et que notre foi et notre motivation doivent être à la hauteur de l'enjeu si on veut réussir.

- notre communication, même si elle mérite d'être améliorée, n'aurait pas été aussi efficace si le web n'existait pas.

En conclusion, je remercie celles et ceux qui m'ont fait confiance et je lance un appel pour que d'autres nous rejoignent dans cette aventure de l'amitié pour le Sénégal et les Sénégalais.

Dr Alain Bréant

Président fondateur

Webmaster de "Chênes et Baobabs"

 

Novembre 2001

Un pari difficile : réussir la coopération décentralisée franco-sénégalaise
En organisant une journée d'études sur la coopération décentralisée franco-sénégalaise, le 27 octobre 2001, au Centre International d'Accueil et de Formation de Nguekokh, en partenariat avec la Mairie de Nguekokh, nous ne pensions pas que le sujet pouvait encore susciter autant d'intérêt de la part des représentants des collectivités locales sénégalaises. Après tant d'années de coopération, sous diverses formes, on aurait pu craindre que le sujet soit aujourd'hui bien maîtrisé et qu'il ne soit plus vraiment d'actualité. Force est de reconnaître qu'il n'en est rien. Les attentes sont immenses, la problématique est toujours aussi difficile à appréhender de la part de collectivités françaises et sénégalaises qui semblent livrées à elles-mêmes, obligées de refaire le chemin de l'apprentissage des relations avec les difficultés que cela suscitent. Grâce à la qualité des intervenants ( en particulier Mr Mamadou Diouf, ex-directeur des collectivités locales au Ministère de l'Intérieur du Sénégal et le Dr Christian Béligon, Vice-président du conseil Général de l'Allier, chagé des affaires sociales), les questions essentielles ont été abordées :
- la connaissance des textes réglementaires

- la réalité de l'échange dans la dynamique du "Donner et du Recevoir"

- la transparence pour lutter contre la corruption

- l'implication des acteurs

- l'évaluation indispensable des actions de coopération dans la perspective du développement durable

- l'importance des échanges culturels pour mieux comprendre les comportements humains.

L'ensemble des interventions des soixante participants à cette journée d'études pourrait constituer le canevas d'un indispensable "vademecum" de la coopération décentralisée pour qu'elle se déroule avec le maximum de chances de réussir ce pari difficile.

A. B.

 

Octobre 2001

L'Islam et l'Occident
Les attentats du 11 septembre 2001 sur le sol américain ont déclenché une polémique internationale sur le rôle de la religion islamique. Bien que les dirigeants du monde occidental, à l'exception de Silvio Berlusconi, se soient tous prononcés contre l'amalgame entre terrorisme et islamisme, la chasse aux terroristes est parfois vécue comme une remise en cause de l'Islam en particulier dans sa capacité à s'adapter aux valeurs humanistes de l'Occident comme par exemple la laïcité, le droit des femmes ou la liberté individuelle.

Ce débat mériterait que l'on donne la parole aux différentes écoles de la pensée islamique afin que chacun puisse juger de la diversité des points de vue et de l'actualité du Coran dans la société moderne.

A mon niveau et par rapport à ce que j'ai vu, en particulier au Sénégal, il me semble que le Coran peut aussi s'interpréter comme un livre de Vertu qui offre des références éthiques indispensables à l'harmonie d'une société. A ce titre, il mérite d'être respecté et honoré.

A. Bréant

 

Septembre 2001

Une question difficile : Faut-il "réparer" l'esclavagisme ?
Le débat engagé dans différentes instances internationales sur la question de la réparation du préjudice engendré par la traite des esclaves semble se concentrer sur deux observations et sur une question :

Deux observations :

1 - la traite des esclaves, principalement africains, principalement par l'Occident chrétien, a opéré un véritable génocide qui s'est déroulé pendant plusieurs siècles ; elle est une des causes réelles du sous-développement actuel du continent africain ;

2 - la société africaine traditionnelle a participé activement à cette spoliation démographique, culturelle et économique.

Une question :

Comment organiser une nécessaire "réparation" pour qu'elle bénéficie réellement au rétablissement des conditions économiques et humanistes du droit à la dignité humaine pour ces millions d'hommes et de femmes exclus de k'accès à la jouissance de leurs droits fondamentaux ?

Plusieurs propositions ont été présentées dans les instances internationales, dont celle du Président Wade intitulée "Plan Omega". Elles témoignent de l'émergence d'une véritable prise de conscience de la dimension continentale des problèmes du sous-développement qui mérite d'être soutenue par l'opinion publique internationale.

Si elles aboutissaient, nul doute que le 3ème millénaire s'annoncerait comme le début d'une nouvelle ère.

A. Bréant

 

Août 2001

Le problème des langues nationales
La République du Sénégal reconnaît au français le statut de langue officielle et à six langues (le poular, le diola, le mandinka, le sérère, le sonninké et le wolof) le statut de langues nationales. sachant que l'ethnie wolof représente près de 40% de la population, mais que 80% des Sénégalais parlent le wolof, la question se pose de l'intérêt qu'il y aurait à donner une plus grande place au wolof dans l'administration, l'éducation nationale et l'enseignement afin d'en faire un véritable outil du développement local. De nombreux arguments plaident pour une telle évolution car manifestement dès qu'on s'éloigne de Dakar-Plateau, l'on voit bien que le maintien du français langue officielle est un handicap sérieux pour bon nombre de Sénégalais qui n'ont pu entrer dans le système scolaire. Le Président Wade et son gouvernement auront-ils le courage politique de favoriser le wolof en tant que langue administrative officielle, telle est la question que d'aucuns se posent à l'aube de ce troisième millénaire.

Amadou-Paul Ngueye

Anciens éditos : Juillet 2001, Juin 2001, Mai 2001, Avril 2001, Mars 2001, Février 2001, Janvier 2001, Décembre 2000, Novembre 2000, Octobre 2000, Septembre 2000, Août 2000, Juillet 2000, Juin 2000, Mai 2000, Avril 2000, Mars, Février, Janvier 2000, Décembre 99, Novembre, Octobre, Septembre, Août, Juillet, Juin, Mai , Avril, Mars, Février 99

Juillet 2001

A l'occasion d'un centenaire :

L'indispensable engagement associatif

La France fête le centenaire de la loi du 1er juillet 1901 qui fixe toujours le cadre de l'engagement associatif. Beaucoup a été dit sur sur les apports multiples que des générations de femmes et d'hommes ont offerts à leurs concitoyens et à la société pour essayer de gommer les aspects les plus barbares de notre époque.

Mais si l'engagement associatif n'est pas une sinécure en Europe, il faut aussi penser à ce que vivent nos frères africains en général et sénégalais en particulier qui se débattent avec les pires difficultés pour faire vivre la solidarité et la vie collective.

Dans un monde où l'intérêt personnel prime souvent sur le collectif, je peux témoigner qu'il existe, dans l'ombre, des gens dévoués qui font vivre le sens du partage, de l'équité et de la justice. Ils n'ont pas pignon sur rue, ils ne possèdent rien ou presque, et pourtant ils agissent. Ils sont l'Honneur de leurs pays et ils prouvent que la Fraternité a un sens. Que devant Dieu et devant les Hommes, ils soient reconnus et remerciés.

A. B.

 

Juin 2001

Vivre avec une séropositivité collective
La fin du XXè siècle restera dans la mémoire des peuples comme une période ambivalente, riche d'espoirs dans son côté scientifique et terriblement triste dans son autre face sociale.

Période triste car elle illustre notre incapacité collective à organiser le progrès au profit de tous ;

Quelle tristesse de voir combien sont puissants ceux qui se complaisent dans les égoïsmes ;

Quelle tristesse de voir la foule humaine détruire tout ce qui peut résister à ses délires. Et cela quelque soit le lieu du globe où l'on se trouve.

L'Afrique, en plus de son instabilité politique incurable, en plus du pillage de ses richesses par un Nord insolent, l'Afrique va devoir apprendre à vivre avec une séropositivité collective.

Quelles en seront les conséquences ? quels bouleversements de société va-t-elle induire ? Que pouvons-nous faire pour exprimer notre solidarité ? Autant de questions pour lesquelles je sollicite votre opinion. Merci de me répondre.

Jérôme Benoît

Mai 2001

Le début du "SOPI" ?
En obtenant une large victoire aux élections législatives du 29 avril dernier, le Parti Démocratique Sénégalais, le Parti du Président Wade, permet à celui-ci d'obtenir les moyens politiques qui lui faisaient encore défaut pour mettre en oeuvre le SOPI, c'est-à-dire le changement, que le peuple sénégalais attend avec impatience.

En félicitant les nouveaux élus, formulons le voeu que les réformes espérées voient le jour et que la confiance dont est créditée l'équipe du Président Wade permette un réel essor économique condition à l'amélioration des conditions de vie de la population.

A. Bréant

Avril 2001

Les raisons d'espérer
Quand on aime le Sénégal et son peuple, quand on a le redoutable inconvénient d'être un étranger et quand on désire participer aux efforts qui sont faits pour résoudre les problèmes de développement, on est amené à entendre et à recevoir en pleine figure l'opinion suivante : "Mais eux que font-ils pour s'en sortir ?" Et ensuite, invariablement, l'interlocuteur égrène les différents chapitres de l'accusation : la corruption, la fausse solidarité, l'ambition personnelle, le désintérêt pour la "chose publique", etc.

A tous ces faux-amis du Sénégal, j'offre deux arguments :

- sans nier que la corruption soit une réalité, sans refuser d'admettre que de nombreux soi-disants intellectuels profitent de façon éhontée de l'argent public, croyez-vous que l'Occident a des leçons à donner dans ce domaine ?

- s'il y a au Sénégal, des êtres humains qui n'ont que faire du développement de leur pays, je peux témoigner qu'il y a aussi des "honnêtes hommes" qui ont le sens de l'Honneur et de la Probité. A leurs places, souvent dans l'ombre, ils travaillent.

Oui, le Sénégal peut s'en sortir ! Il le fera d'autant mieux, que l'Occident évitera de déverser "son pouvoir de nuisance" !

Alain Bréant

Mars 2001

Quel avenir pour "Air Afrique" ?
Fondée sur une idée généreuse, la création d'Air Afrique se devait de faire la preuve de sa capacité de résistance aux contraintes économiques. Aujourd'hui, devant une situation financière catastrophique, le conseil d'administration en décidant de confier une mission de redressement des comptes à un occidental, démontre qu'il a failli à sa tâche.

Les raisons de cette incapacité à assurer la viabilité de l'entreprise sont multiples et il n'est pas sûr qu'Air Afrique ne soit pas condamnée définitivement.

Les premières victimes ont été et seront les salariés de l'entreprise et en particulier celles et ceux qui se sont dévoués pour cette entreprise panafricaine qui aurait pu servir de modèle.

Devant cet état de fait, on peut se demander si l'avenir d'Air Afrique ne serait pas mieux défendu dans une association claire de structures nationales avec un pool technique géré de façon autonome ? En professionnalisant l'administration d'Air Afrique et en la mettant à l'abri des pouvoirs politiques, on lui donnerait sûrement une chance de s'envoler !

Edouard Bamba

Février 2001

Et si nous rêvions ?

Le Sénégal , futur pays développé !

L’histoire des sociétés humaines nous enseigne que le sous-développement n’est pas une fatalité. Même s’il y a des facteurs objectifs qui expliquent les difficultés économiques du Sénégal, il ne faut pas négliger les capacités d’un peuple à se mobiliser pour accroître sa richesse intérieure.

Aujourd’hui, le problème le plus important, pour ce pays aux nombreux atouts, réside dans la méfiance des investisseurs sénégalais et tout se passe comme si la «matière grise» et les capitaux sénégalais préfèraient l’assurance «douillette» des pays occidentaux.

Pour que les investisseurs puissent espérer un juste retour sur investissement, il leur manque l’indispensable confiance.

La mondialisation des échanges peut être une chance et le risque de construire les usines nécessaires à la mise sur le marché de produits à haute valeur ajoutée pourrait être «gérable».

Il suffirait d’un exemple pour enclencher le mouvement. En montrant au Monde, que les entrepreneurs sénégalais sont capables d’investir au Sénégal, la Démocratie s’en trouverait une deuxième fois confortée.

Que le rêve se réalise ! Inch Allah !

A. Bréant

Janvier 2001

2001, l'année du changement ?
L'année 2000 au Sénégal aura été l'année de la transition démocratique au Sénégal. . Après cette agréable surprise qui aura fortement impressionné l'opinion internationale, que sera l'année 2001 ?

Selon toute vraisemblance, ce devrait être l'année de la mise en oeuvre du SOPI, cher au Président Wade. Il faudra sûrement encore attendre que les échéances électorales programmées (le référendum et les élections législatives) aient lieu avant de se rendre compte de l'ampleir de ce changement. Mais tout semble prendre le chemin de ce qui avait été annoncé, même si le rythme des évolutions et des réformes pourrait paraître "mesuré".

A l'aube de cette nouvelle année, formulons les voeux pour que tout cela se passe sans violence et avec bonheur, dans l'intérêt du Sénégal et des Sénégalais.

A. B.

Décembre 2000

Le tourisme sexuel : une atteinte à la dignité de la jeunesse sénégalaise
Comme si le Nord n'avait pas assez fait de mal aux peuples du Sud,

Comme s'il fallait que la seule vraie richesse d'un avenir était trop insolente de santé et de beauté,

Voilà que certains touristes utilisent la couleur de leur peau pour faire miroiter l'espoir de sortir de la misère !

Tristesse ! Honte !

Que ces "vieux" sans conscience, sans honneur, adeptes de l'inceste en guise de lâcheté, jusqu'au jour de leurs morts, soient rongés par leurs viols infamants.

Malheur à ceux qui ont trainé l'espoir dans la fange de leurs plaisirs.

Alain Bréant

Novembre 2000

Sérieux s'abstenir
Les Français sont des gens trop sérieux ; quand ils viennent au Sénégal, ils sont toujours nerveux, soucieux, agités, tout quoi !

Ce n'est pas possible de vivre comme cela ; ils sont fous ces gens-là ! Nous, on ne dit rien, mais on voit tout ; on les laisse faire sans rien dire mais on pense bien que cela n'ira pas !

Ils nous prennent pour qui avec leurs airs de nous commander ! C'est pas parce qu'ils sont fonctionnaires ou touristes qu'ils vont nous donner des ordres ! Ca va pas, une chose comme cela .

Parfois, on a même pitié d'eux ; ils ne voient pas que nous on a le temps et qu'ils mourront avant nous !!!! Ah , Ah, Ah!!!

Ils devraient plutôt se faire dé-marabouter ces gars-là ! ça c'est sûr !

Saratounga ? Saratouna !

Edouard Bamba

Octobre 2000

La transition hypothétique
Les dernières élections présidentielles ont suscité un énorme espoir de changement au Sénégal . Mais rien n'est facile et depuis quelques mois, nous vivons dans une étrange atmosphère d'attentisme qui commence à semer le doute dans les esprits.

Chacun comprend que la nouvelle équipe a besoin de se mettre en place et que la réforme constitutionnelle est indispensable pour permettre au nouveau premier ministre d'avoir les moyens de ses ambitions et le peuple sénégalais a suffisamment de patience pour attendre que le référendum et les prochaines élections législatives produisent les effets attendus, mais il ne faudrait pas que l'espoir soit déçu.

Ousmane Seck

 

Septembre 2000

Conforter l'espoir sénégalais
Les analyses convergent ; le fossé se creuse entre le Sénégal et l’Occident ; la pauvreté, les inégalités sociales, le non-droit sont la triste banalité du plus grand nombre.

Le Nord, avec la complicité plus ou moins consentante de certains experts économiques, continue allègrement de se tailler la part du lion dans la répartition des profits liés à l’exploitation du Sénégal et de ses ressources. Le poids de la dette hypothèque tout investissement d’envergure. L’absence de confiance éloigne les investisseurs locaux.

Que faire ?

Faut-il se limiter au constat de la complexité du problème et attendre que d’autres générations imaginent un début de solution ?

Faudrait-il favoriser l’émergence d’une situation révolutionnaire à l’échelle de l’Afrique, seule capable pour certains, de s’opposer aux désordres destructeurs engendrés par la mondialisation ?

Face à cette situation, l’observateur recherche des éléments objectifs susceptibles de justifier la permanence de l’espoir dans un avenir meilleur pour le Sénégal.

Trois données socio-économiques propres à la société sénégalaise, fréquemment relevées, méritent d’être rappelées :

- la permanence du sentiment religieux,

- le rôle du pouvoir d’achat des fonctionnaires,

- et la prise de conscience d’une nécessaire moralisation de la fonction publique.

Il y a au Sénégal un sentiment religieux populaire authentique qui puise dans les racines de l’angoisse existentielle des différentes ethnies ; il est un réel facteur de stabilité et de paix sociales et le sera d’autant plus que les dignitaires religieux accepteront d’une part de tolérer leurs différents discours et d’abandonner les inutiles et coûteuses concurrences, et d’autre part de renoncer au mirage de la confusion entre les pouvoirs religieux et temporels.

Des experts économiques sénégalais, connaissant le faible niveau de la consommation intérieure, pensent qu’il serait certainement bénéfique de «soutenir» la rémunération des agents de la fonction publique ; ce « coup de pouce » au pouvoir d’achat des fonctionnaires aurait également l’intérêt de revaloriser le rôle de la fonction publique et le dévouement de ses agents.

Enfin, il existe une fraction non négligeable de l’opinion publique sénégalaise qui a conscience que la corruption est un mal pervers ; après d’apparentes auto-satisfactions, il détruit rapidement le tissu social et l’appareil de production. Développer la moralisation et le sens de l’intérêt public ne signifie pas de se limiter aux discours incantatoires : chacun peut comprendre que l’intérêt du Sénégal commande l’exemplarité de ses dirigeants et de ses élites aussi bien dans le respect d’une Ethique que dans leur capacité à ne plus tolérer l’intolérable.

Est-il illusoire de penser que l’on pourrait à partir de ces trois «constantes» voir apparaître un consensus propre à favoriser le développement économique du Sénégal ?

Alain Bréant

 

Août 2000

En Direction de ... Nguekokh
 Nos amis de l'association "En Direction de ..." ont réalisé leur projet : acheminer par la route quatre véhicules utilitaires à Nguekokh pour les donner à la commune afin qu'ils soient utiliser pour améliorer l'offre de transports publics. Après avoir quitté la région de Valenciennes le 30 juin, Mr Abou Ndiaye, le jeune et dynamique Maire de Nguekokh, les a accueilli le 21 juillet au milieu de la population en joie. Je vous invite à lire les notes du carnet de route en accédant au site d'EDD. Bravo à toute l'équipe et aux enfants qui ont ainsi pu faire un merveilleux voyage initiatique.

Alain Bréant

Juillet 2000

La Mondialisation en question

 

Le débat sur les conséquences néfastes de la Mondialisation dans le développement des pays en voie de développement est maintenant bien lancé et le récent procès de José Bové à Millau a eu le mérite de le populariser pour le grand public. Mais la question de la mise en oeuvre des réformes indispensables demeure. Les grands pays développés vont-ils s'engager dans cette voie et à quelle échéance ? L'Europe aurait ici un rôle majeur à jouer si nos dirigeants acceptaient de prendre le risque de donner l'exemple et de prendre des initiatives courageuses. La France, avec ses nouvelles responsabilités dans les institutions européennes, aurait la possibilité de montrer au Monde qu'elle prend compte les préoccupations d'une grande fraction de l'opinion. Espérons que les actes suivront.

A. Bréant

 

 

Juin 2000

RAPPORT MORAL de l'Assemblée Générale de Solidarité Bourbonnais Sénégal (28/05/2000)

 

Notre association, qui s'est fixée comme but d'œuvrer en faveur des populations défavorisées du Sénégal, fait l'expérience chaque jour des difficultés à surmonter pour faire vivre cette grande et belle idée de la coopération décentralisée non-gouvernementale Nord-Sud et Sud-Nord.

Sans autres moyens d'actions que ceux qui proviennent du bénévolat et de l'aide apportée par les collectivités publiques, nous sommes naturellement conscients du caractère limité de notre efficacité quant à la résolution réelle des problèmes rencontrés par les populations dans ce beau pays en voie de développement qu'est le Sénégal.

Malgré tout, parce que nous sommes convaincus que notre situation privilégiée de citoyens d'un pays développé ne nous autorise pas à être des donneurs de leçons, parce que nous sommes habités par le désir de faire vivre le besoin de Fraternité universelle et parce que nous croyons dans les vertus qui découlent des échanges internationaux fondés sur le respect mutuel, le partenariat et la libre entreprise, nous continuons.

Les témoignages, que nous recevons, et l'expérience que nous construisons, nous permettent de persévérer dans notre action.

Tout cela est d'abord le fruit de l'engagement dont font preuve les membres actifs de notre association dont certains sont présents ici à cette assemblée générale. Au nom des interlocuteurs sénégalais que je suis amené à rencontrer, je voudrai vous remercier du fond du cœur pour tout ce que vous faîtes. Sans vous, sans votre générosité, sans votre capacité à convaincre vos proches de s'engager à nos côtés, sans votre abnégation a accepté les contraintes inhérentes à notre vocation, rien ne serait possible.

Alain Bréant

Président de SBS

 

Mai 2000

«SEULE LA DÉMOCRATIE A TRIOMPHÉ»

MAINTENANT AU TRAVAIL !

Une situation inédite vient de s’instaurer au Sénégal, par la volonté du peuple sénégalais, à l’issue du scrutin présidentiel du19 Février 2000.

La majorité de notre peuple vient d’exprimer son profond désir de changement en choisissant Maître Abdoulaye WADE comme Président de la République. Cela s’est fait dans de telles conditions qu’une fois encore, on éprouve de la fierté d’être sénégalais. Au delà du caractère paisible, transparent et fiable des opérations de vote, le Président sortant n’a pas hésité une seule fois à reconnaître sa défaite avant même la proclamation officielle des résultats et a même tenu à féliciter le vainqueur. Ce dernier geste chevaleresque et puissant au tréfonds de ce que nous avons de plus précieux parmi nos valeurs ancestrales a rendu une visite de courtoisie à la mère du Président sortant pour y recueillir sa bénédiction.

Nous ne pouvons que saluer la grandeur de ces hommes.

Certes, l’heure de l’alternance a sonné mais personnellement, je n’attends pas d’elle de miracles, encore moins de paradis.

Cependant, j’ose espérer que le premier Gouvernement de l’Alternance aura pour principales priorités :

1 – La pacification de la Casamance qui est le levier économique du Sénégal ;

2 – Combattre la gabegie :

Avril 2000

Un nouveau Président pour mettre en oeuvre le "sopi"

Le verdict des urnes est sans appel : Abdoulaye Wade a recueilli la confiance du peuple sénégalais pour mettre en oeuvre le changement espéré. Le chantier est immense et les difficultés sont réelles. Pour réaliser les réformes nécessaires, la nouvelle équipe aura sûrement besoin de toutes les énergies.

Pour faire face à ce nouveau défi, le Sénégal possède des atouts réels et nous faisons confiance aux jeunes pour trouver les solutions qui redonneront l'espoir dans le développement de l'économie locale. Le premier indice de la reprise sera sûrement apprécié par le niveau d'investissement des acteurs locaux dans des projets économiques où les PME sénégalaises pourront faire la preuve de leurs capacités.

Pour réussir, le nouveau gouvernement devrait pouvoir compter sur le soutien des institutions internationales, y compris l'apport des ONG qui s'activent ponctuellement . A notre niveau, avec les faibles moyens qui sont à notre disposition, nous ferons le maximum pour y contribuer.

A. B.

 

Mars 2000

Un succès pour la Démocratie sénégalaise

Le déroulement des élections présidentielles a permis au Monde entier de se rendre compte que les craintes que certains avaient émises quant au respect du processus électoral n'étaient pas fondées.

Quelque soit le résultat du second tour, il semble que chacun respectera le verdict des urnes.

En ce sens, l'année 2000 restera dans l'histoire du Sénégal et de l'Afrique en général, comme l'année du Renouveau et du Changement.

A. B.

 

Février 2000

Le difficile exercice de la Démocratie au Sénégal

Les élections présidentielles qui doivent se dérouler durant ce mois de février au Sénégal vont donner l'occasion au Monde entier de se rendre compte du niveau de transparence de la démocratie sénégalaise. Ce test est également très important d'un point de vue économique car il permettra de jauger la confiance que les acteurs peuvent avoir envers les dirigeants. Quand on sait qu'il y a une relation proportionnelle entre confiance et investissements, on voit bien toutes les conséquences qui peuvent en découler.

Quel que soit le futur Président élu, il aura la lourde tâche de remettre de l'ordre dans un pays qui souffre d'une désorganisation chronique.

Bon courage à tous et bon exercice de ce droit de vote sans lequel un pays moderne n'existe pas.

A.B.

 

Janvier 2000

Convaincre ! Toujours convaincre !

Les catastrophes naturelles et artificielles qui ont endeuillé l'Europe lors de la fin de l'année 99, ne sont pas exceptionnelles. La Nature est encore imprévisible et les dégâts que peuvent causer les mouvements de la Terre et de son atmosphère sont obligatoirement majorés par les imprévoyances des "aménageurs" de l'espace. Ce que nous réapprenons aujourd'hui est monnaie courante dans les pays dits sous-développés où les concentrations urbaines, conséquences de la pauvreté et de la désertification, majorent les effets des inondations, cyclones et autres tremblements de terre. Face à cela, il faudrait pouvoir convaincre l'opinion publique que notre avenir est global, que notre Terre est un bien commun et que les solutions à court terme sont dangereuses.

Cette nécessaire pédagogie sera-t'elle mise en oeuvre et l'Universalisme des problèmes sera-t'il reconnu et admis afin d'aboutir à un développement durable, harmonieux et maîtrisé ?

A. B.

 

Décembre 99

1999 se termine ! vive l'année 2000 !

1999 restera dans l'esprit de tous ceux qui s'intéresse au développement des pays du "Sud" comme une année charnière ; bien qu'aucun événement majeur ne se soit manifesté, l'inquiétude est grande de voir les pays développés se désintéresser de l'avenir de toutes ces contrées où vivent des milliards d'individus confrontés avec la problématique du sous-développement.

Que faire ? Les grands de ce monde se satisfont des perspectives de croissance dans leurs pays mais ne semblent pas prêter d'attention aux malheurs de nos frères, comme si cela ne les concernait plus.

Faudra-t-il une famine ou autre catastrophe naturelle pour que, les médias aidant, nos gouvernants acceptent de se pencher sur la misère du monde ?

Nous ne pouvons nous résoudre à subir cette fatalité !

Espérons que le prochain millénaire offre, enfin, à notre espérance un motif de satisfaction en réunissant les conditions d'un réel développement équilibré et durable.

A. B.

Novembre 99

A un ami sénégalais

Cher ami, je voudrais te faire part des difficultés que nous rencontrons à mobiliser les énergies en faveur de l'aide au développement des villages sénégalais et solliciter ton avis et tes conseils.

Il me semble que trois difficultés majeures freinent notre action :

1 - l'opinion publique européenne est très sensible à la dramatisation des solutions de détresse mais demeure assez insensible à l'aide au développement vue sous l'angle de l'action à long terme ;

2 - les responsables sénégalais, en position de décideurs, sont très conscients de l'apport du partenariat dans l'aide au développement mais ils ne semblent pas disponibles à répondre aux exigences de la communication qui exigent d'informer le plus complètement possible l'opinion publique en général et les éventuels donateurs en particulier sur les conditions de réussite de cette aide au développement local ;

3 - le bénévolat exige un désintéressement et une abnégation qui sont difficilement compatibles avec une action progressive qui s'inscrirait dans la durée.

A notre humble avis, il faudrait pouvoir solutionner ces trois difficultés si l'on voulait développer un peu plus la résolution de cette exigence humaniste à l'approche du troisième millénaire.

Ton avis nous serait d'un grand secours. Amicalement et fraternellement.

Dr A. Bréant

 

Octobre 99

 

Le prix Nobel de la Paix à MSF

En décernant le prix Nobel de la Paix à Médecins Sans Frontières, les responsables de la Fondation Nobel honorent tous les acteurs de l'action humanitaire qui, malgré les éternels sceptiques, oeuvrent sans relâche pour humaniser des relations internationales bien souvent dominées par les rapports de force et d'intérêt mercantile.

A l'aube de notre troisième millénaire, ce sont eux qui , sur le terrain, démontrent, dans la douleur et le désespoir, que la fatalité n'est pas inhérente au fonctionnement des sociétés et qu'il est possible de concevoir autre chose que la barbarie.

A notre humble niveau, nous qui avons été fortement influencés par l'action de ces "french doctors", nous apprécions l'honneur qui leur est rendu et nous espérons que leur exemple influencera l'engagement des jeunes pour s'investir dans cette voie.

Dr Alain Bréant

PS : consulter le site de MSF

Septembre 99

La générosité de Corinne
Le mois dernier, l'édito était consacré à Jean-Baptiste et au but de sa mission ; à la vérité Jean-Baptiste n'est pas parti seul ; il était accompagné de Corinne Jehanno, analyste-programmeuse dans une importante entreprise de Bretagne. Corinne a bénévolement souhaité participer à une mission humanitaire au Sénégal. Grâce au réseau de l'association SMBS, il lui a été proposé d'assurer pendant les 3 semaines de ses congés payés annuels, une formation informatique à un groupe de volontaires et une étude du matériel informatique de la commune de Nguekokh. Elle effectue actuellement sa mission et les dernières nouvelles sont excellentes ; ses élèves apprécient ses compétences et Corinne découvre la qualité des relations à la mode sénégalaise. Dès son retour elle nous en dira plus mais déjà nous pouvons tous la féliciter pour cette générosité qui fait chaud au coeur.

Dr A. B.

 

Août 99

Une mission pleine d'espoir
Le 22 août 99, un membre de Solidarité Médicale Bourbonnais Sénégal, Mr Jean-Baptiste Litrico, partira au Sénégal avec la mission de réaliser une évaluation sur la faisabilité de création d'une entreprise de développement local dans la région de Nguekokh, (district de MBour). Cette mission est difficile et ambitieuse, mais Jean-Baptiste Litrico, par ses compétences professionnelles, par sa volonté d'écoute, a toutes les qualités pour la réussir. Il s'agit pour nous d'une étape importante dans la mise en pratique de ce que nos amis sénégalais ont eux-mêmes formulé comme étant l'objectif premier de nos échanges. En favorisant la création de quelques emplois locaux par une structure entièrement contrôlée par les acteurs locaux du développement nous espérons contribuer, à notre humble niveau, à l'amélioration des conditions de vie des populations sénégalaises en difficultés.

Dès sa mission achevée nous vous informerons de ses enseignements.

 

Juillet 99

 

Un mois qui rit, un mois qui fait souffrir, de l’Europe au Sénégal
Juillet en Europe, c’est le soleil retrouvé, la joie de se dévêtir, de profiter de la Nature, d’aimer, d’essayer de vivre autrement dans la découverte des autres. Mais c’est aussi les accidents, les feux de forêt, les vacances pour les uns et le désespoir pour d’autres.

Juillet au Sénégal, c’est l’eau tant attendue, avec son cortège de récoltes tant espérées, mais c’est aussi l’hivernage, les infections qui traînent, le palu qui resurgit emportant les plus faibles.

Ainsi va le calendrier, avec ses coïncidences et ses parallèles transcontinentales.

Où que vous soyez, nous vous souhaitons de voyager ou d’accueillir, de rencontrer et d’échanger et bonnes vacances aux veinards qui en ont.

A. B.

 

Juin 99

Note de voyage
Comme à chaque fois que l’on approche une nouvelle région géographique du Sénégal, la découverte de la Casamance fut un enchantement ; mais comment ne pas les associer à une succession de questionnements spécifiquement casamançais ?

En empruntant l’axe Nord-Sud, l’enchantement est progressif, par petites touches à partir de Kaolack, puis de façon plus évidente dès que l’on approche de la Gambie. Le changement affecte bien sûr la végétation, mais aussi l’habitat et les modes de vie, les cultures, la variété des oiseaux et les typologies humaines.

Les premiers étonnements passés, comment ne pas interroger les regards amis sur ce qui apparaît comme une somme d’atouts non exploités ? Les éléments de réponses ne manquent pas et ils sont bien connus mais ils ne suffisent pas à effacer la tristesse et les regrets.

L’avenir nous dira si les quelques espoirs qui apparaissent, ici ou là, donneront à cette belle région et à ces habitants la confiance qu’ils méritent de vivre.

A. B.

 

Mai 99

 

Ousmane Sow, un grand artiste sénégalais

L'exposition de plusieurs dizaines d'oeuvres sculpturales d'Ousmane Sow sur le Pont des Arts, à Paris (jusqu'au 20 mai), révèle au grand public français et aux touristes, la vitalité de l'inspiration de cet artiste sénégalais qui s'est fait un nom dans le milieu international de la sculpture. A 64 ans, Ousmane Sow, est un sculpteur contemporain imprégné de la richesse de la culture sénégalaise qui nous offre un regard "différent" sur notre réalité. On est fasciné par ses visages, par les scènes qui exaltent une force et une réflexion remarquables.

A. B.

Pour plus d'infos sur Ousmane Sow consulter : http://www.metissacana.ch/metissacana/accueil/..%5Cgalerie/Ousmane.html

 

Avril 99

La guerre, toujours la guerre ...
A l’approche du 3ème millénaire, la guerre reste toujours un modèle pour les relations internationales. Incapables d’établir des relations de paix, les gouvernements d’Europe, après ceux de l’Afrique équatoriale, d’Asie ou d’Amérique, retrouvent le chemin des casernes.

Quel esprit de paix peut se satisfaire de l’énoncé des responsabilités supposées ?

La guerre est un échec pour la paix et pour le maintien de l’Ordre. On ne dira jamais assez que la guerre est aussi le résultat des ruptures successives des fils de la communication qui relient deux peuples, deux cultures, deux désirs de vivre ensemble.

Quand les gouvernements auront suffisamment "joué" à la guerre, il faudra retisser ses liens pour cicatriser les plaies. Heureusement que l’on pourra alors compter sur les hommes de Paix qui, dans les ONG, sont aujourd’hui réduits au silence.

 

A. B.

 Mars 99

Un livre à "dévorer"
Premier roman d’une jeune écrivaine de 26 ans, SIDAGAMIE relate, d’une écriture alerte, un drame familial avec en arrière-plan une peinture de la société sénégalaise contemporaine. Ce roman, touchant et réaliste, captivant et riche de réflexion, nous permet de découvrir un nouvel auteur, témoignage contemporain de la vitalité de la littérature sénégalaise. A proposer en particulier aux jeunes adolescents qui souhaitent découvrir la société sénégalaise. Nous attendons avec impatience le prochain livre d’Abibatou Traoré.

A. B.

"Sidagamie" d’Abibatou TRAORE (Edition Présence Africaine , 25bis, rue des Ecoles 75005 - Paris / 64, rue Carnot Dakar / Prix 120 FF )

   

Février 99

Modernité et Tradition
Le procès à Paris de "l'exciseuse" malienne est l'occasion de réfléchir sur la nécessaire adaptation des pratiques rituéliques aux exigences de notre monde contemporain. Cette adaptation ne pourra se faire qu'avec l'accord et la participation des autorités coutumières des nations africaines. Pour faciliter cette évolution, il faudra beaucoup de patience, de conviction et la volonté de ne pas condamner avec mépris certaines des pratiques ancestrales les plus contestables quant au respect de la personne humaine. A ce propos, saluons le courage de la société sénégalaise qui a accepté l'émergence d'une loi condamnant la pratique de l'excision.

A. B.